‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 370 sur 519 · Souligné dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Souligné dans le manuscrit

première Religion, sur la second e Morale 1 , sur la troisième Juifs, sur la quatrième Catholiques, et sur la cinquième Protestants. Le chef de famille portant la bannière de la Religion prit la parole et dit :

« Adorateurs de Dieu et amis des hommes, s'il est un jour où l'on doive proclamer solennellement le respect pour toutes les especes d’opinions, c’est celui de la solennité qui nous rassemble.

Donnons un grand exemple aux peuples que nous instruisons. au siècle qui nous éclaire, à la postérité.

Au nom de tous les hommes, soit qu’ils professent extérieurement un culte religieux appuyé de dogmes divers et embelli par différentes cérémonies, soit que, n'exposant aux regards publics aucuns signes visibles de religion, ils se contentent de donner pour gage à la société la simple pratique des vertus -,

Offrons ensemble à l’Eternel un hommage de reconnaissance, à la Nature un tribut d’admiration.

Reconnaissons essentiellement que la religion et la morale sont les plus fermes appuis de la société.

Et, en signe d'union et d’égalité, donnons-nous, au nom de toutes les opinions, le saint baiser de la fraternité. »

Il adressa ensuite un court hommage à l'Etre suprême, dans des termes analogues au vœu qu'il venait d’exprimer. Puis, les cinq pères de famille s’étant embrassés, celui qui représentait la Religion réunit toutes les bannières en un seul faisceau qu’il ceignit d’un ruban tricolore.

Des larmes d'attendrissement coulèrent des yeux de toute 1’assemblée et les voûtes du temple retentirent d’applaudissements unanimes et spontanés... »

Haüy et Jacquemot* t. - — Ilaüy, en même temps qu’il adressait ce compte -rendu au chef de la division de l’instruction publique au ministère de l'intérieur, avait bien soin d’appeler son attention sur le caractère profondément « philosophique » de la cérémonie, et il ajoutait que les théophilanthropes avaient cru remplir en cela les vues du pouvoir.

« Citoyen, 5 ous m’avez témoigné quelquefois combien

1. Grégoire, qui raconte la même fête, mais en la plaçant à tort en l'an \ I, affirme que Pétait Sylvain Maréchal qui portait la bannière de la Morale (Histoire des Sectes, I, p. 4oi).

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