‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 372 sur 519 · DÉFIANCES DI POUVOIR . - CONFLIT A NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

DÉFIANCES DI POUVOIR . - CONFLIT A NOTRE-DAME

dans cette église l’exercice de leur culte, qu’ils avaient déjà suspendu, et en demandant le remboursement d’une somme de 685 lianes, qu’ils devaient encore pour les travaux, qu’ils avaienL faits dans le chœur.

La Révellière mit à leur lettre cette apostille : « Recommandé au prompt examen du ministre de l'intérieur. » François de Neufchâteau parut d’abord vouloir faire droit aux théophilanthropes. Dans un rapport au Directoire, il expliqua qu’il y avait une grande différence entre le catholicisme et la théophilanthropie. Celui-là, « secte intolérante, ne soutire dans les lieux où s’exerce son culte d’autres attributs que ceux qui le distinguent. Où il place l’image de Marie, il faut voiler celle de la Sagesse et remplacer le buste de Socrate ou de Platon par celui de saint Dominique. » Celle-ci, au contraire « s’accommode parfaitement des attributs des cérémonie décadaires ; ces attributs sont même pour elle des décorations auxiliaires, dont elle emprunte de l’éclat... ». — S’élevant au-dessus de la question particulière soulevée par le conflit de Notre-Dame, il proposait au Directoire de prendre un arrêté qui réglerait à l’avenir toutes les contestations du même ordre. Le Directoire déclarerait « que, dans les édifices consacrés à la fois aux cérémonies décadaires et à l’exercice des divers cultes, ces derniers pourront être exercés dans toutes les parties de l’édifice aux heures non consacrées aux cérémonies décadaires, mais sous la condition expresse de ne déplacer ni voiler aucun des attributs, emblèmes, décorations qui servent à ces cérémonies et sous la condition encore de 11c laisser exposer aux yeux du peuple, à l’heure où il s assemble pour les cérémonies décadaires, aucun des objets (pii ont servi aux cultes. François de Neufchâteau expliquait (pic cette dernière condition était un corollaire du principe, d après lequel on ne pouvait exposer au public les signes, ornements ou emblèmes d’aucun culte. « Dès lors qu’un édifice est consacré aux réunions décadaires, il devient lieu public, comme un tribunal, un forum. Les signes d’aucun culte ne doivent donc y paraître. »

Mais, soi! que La Révellière n’ait pas réussi à persuader

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ses collègues, soit qu’il lut lui même devenu indilTérent à la théopliilanlhrophie, le Directoire refusa de prendre l’arrêté 1 II. III. IV. que lui soumettait François de NeufchAteau.

Le ministre embarrassé prit l’avis de son conseil2, qui conclut qu’il devait garder la neutralité. « Il est à désirer, écrivait il, que le gouvernement intervienne le moins possible dans les difficultés qui s’élèvent relativement à l’exercice des cultes. Cette intervention ne l'ait qu’en perpétuer l’importance. Il s’agit ici d’un simple fait de police, sur lequel les lois donnent aux administrations départementale et municipale le droit de prononcer. Si celles de Paris jugent la mesure indiquée dans le projet d’arrêté [dont il a été question plus haut] utile et nécessaire, elles peuvent la prescrire, sans avoir besoin de recourir à l’autorité supérieure. Il semble au surplus qu’elle ne devrait pas être adoptée ni généralisée, sur la demande d’une seule municipalité et sans l’avis du département. On pense donc qu’il serait convenable de renvoyer la demande de la IV municipalité3 à l’administration centrale de la Seine, on lui faisant observer qu’elle est parfaitement libre de prendre à cet égard le parti qu’elle jugera convenable. »

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