Ce conseil n’est pas désigné dans le dossier
3. La municipalité avait demandé au ministre le droit de garder l’usage exclusif du chœur.
DÉFIANCES DU l'Ol VOIR. CONFLIT Y S.-MERR1 54 Q
François de Neufchàteau goûta l’avis et renvoya le différend au jugement du département, qui s’était déjà prononcé en faveur de la municipalité du 1XL> arrondissement et qui ne put que lui donner une seconde fois raison.
Tout ce que les théophilanlhropes purent obtenir après de longs délais cl des démarches multipliées, ce fut le remboursement d’une partie des dépenses qu'ils avaient laites pour s’installer dans le chœur de Notre-Dame. Ils ne reprirent jamais leurs cérémonies dans cette église, où ils n’étaient demeurés que cinq mois environ.
Les théoimula m ukopes nu temple de la Réunion et les autorités. — - Les théophilanthropes diu temple de la Réunion (Saint-Merri) s’étaient heurtés au mauvais vouloir îles autorités, quand ils avaient voulu établir une école dans les locaux attenant à l’église, dont les uns étaient inoccupés et dont les autres servaient de logement à des prêtres catholiques1. Ne pouvant obtenir satisfaction de la part de la municipalité du Nil1’ arrondissement, les administrateurs du temple2 3 s’adressèrent successivement à La Révellière, à Reubell, à Merlin, au ministre de la police, etc..., mais cela sans résultat. Ils invoquaient pourtant des arguments de nature à faire impression : « Citoyen Directeur, écrivaient-ils à La Révellièrc, le Ier messidor an N 1 . les législateurs, en accordant aux citoyens exerçant différents cultes l’usage en commun des temples, n’ont pas eu l’intention d’accorder aux uns plus de préférence qu’aux autres, et surtout de restreindre la jouissance des derniers au temple seul, lorsqu’il existe des locaux qui leur sont aussi utiles qu’aux premiers. Depuis neuf mois que les théophilanlhropes exercent leur culte dans le temple de la Réunion, dit Saint-Méry (VIIe arrondissement), ils
i. On voit par ccl exemple combien les lois qui refusaient aux
prêtres tout logement dans les édifices nationaux étaient peu appliquées, puisqu’on les violait en plein Paris et en l'an VI, « époque de persécution ».
3. Les pétitions des théophilanthropes portent les signatures suivantes: Béliard, Pézé, Marigny, .1. La Chappelle, Gobain, liatiy. Bonard, \ acheret, Joigneaux, Kcgnaudin (Le dossier de l’affaire est aux Areh. nat., F' 7338).
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n'avaient pas demandé la jouissance de quelques locaux, parce qu’ils n avaient jamais pu obtenir de renseignements précis1 et qu’on gardait le plus profond silence. Ils s’étaient même retranchés dans une petite chapelle qu’ils avaient fermée avec des planches, lorsqu’enfin ils surent positivement que les catholiques avaient trois sacristies, que le logement du principal ministre était composé de six pièces, qu’un garçon de sacristie en avait deux, leur concierge une et cinq autres prêtres dix-sept, total vingt-six pièces occupées par huit personnes, non compris les trois sacristies. »
Les théophilanthropes racontaient ensuite qu’après de longs pourparlers avec les prêtres, ils avaient fini par obtenir « l’ancienne fabrique, composée d’nne seule pièce et deux petites chambres sous les toits du temple », ce qui était insuffisant pour l'école du lecteur-surveillant. Se montrant très modérés dans leurs exigences, ils demandèrent seulement au Directoire de leur accorder le sixième des locaux. On leur devait bien cela, à eux, « dont le zèle pour la propagation de la saine morale et l’attachement au gouvernement républicain ne sont pas un problème. »
La Révellière recommanda la. pétition des théophilanthropes « à l’attention particulière du ministre de la police », mais son intervention n’alla pas plus loin. Quelques jours après, le G messidor an YI, le lecteur-surveillant des ihéopliilanthropes, Gobain, écrivait à Reubell que les prêtres venaient de les expulser, «d’une manière insolente », des locaux qu’ils occupaient à Saint Mern. Reubell renvoyait sa plainte au ministre de la police, « pour y pourvoir provisoirement et promptement et faire de suite un rapport an fond ».
Le ministre de la police se contenta de saisir l’administration centrale et de l’inviter à prendre une « détermination convenable. » L’administration centrale ne se hâta pas de prendre une décision. Elle mit près de deux mois avant
i. Souligné dans le texte, ainsi que les passages suivants en italiques.
DEFIANCES Dt POUVOIR.