‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 375 sur 519 · SI S P 10 1 ON S PF, REUBEFF OD I · texte numérisé non relu

SI S P 10 1 ON S PF, REUBEFF OD I

de répondre au ministre, cpii la pressait en vain d’agir, par des missives répétées (les 11 et 18 messidor, le 28 thermidor). Elle consulta dans l’intervalle la municipalité, puis la régie des domaines.

La municipalité se retrancha derrière la loi, rpii proclamait que la République ne salariait aucun culte et ne leur fournissait aucun local. Or, la même municipalité, si rigoriste à l’endroit des théophilanthropes, ne trouvait rien à redire à la présence des prêtres catholiques dans les dépendances de Saint-Merri.

La régie des domaines, consultée après la municipalité, estima que les logements, demandés par les théophilan Ihropes, pouvaient rapporter un revenu de ■joo francs et décida de les mettre en adjudication.

L’histoire s’arrête là, d’après les documents. Il est probable que Gobain n’obtint pas satisfaction et qu’il dut licencier les cinquante élèves de son école1. Il est probable aussi que les prêtres catholiques continuèrent à occuper tranquillement les appartements que la République leur offrait gracieusement.

Qu’on juge par cet exemple de la manière dont le Directoire était obéi et des mauvais vouloirs de toute nature que les théophilanthropes durent affronter d’ordinaire.

Suspicions de Reubeli,. — Les circonstances d’ailleurs étaient de plus en plus rares où le Directoire leur témoignait

1. Le 10 fructidor an VI, il écrivait encore au ministre de la Police :

Citoyen ministre,

Comme instituteur de l’ccole théophilanthropique du temple Yléry, je désirerais samir si j’aurai bientôt le local attenant audit temple pour 1’élablissement de mon école.

J'ai déjà plus de cinquante élèves inscrits pour y assister cl cependant je suis à la veille do me trouver sans logement par le congé que j’ai donné de celui que j’occupe et qui est trop petit pour contenir tous ceux qui se présentent et qui ont un très grand besoin d’être instruits.

Ainsi, vous voyez, citoyen ministre, l’embarras où je me trouve, d’une part sans logement et d’une autre, par le même effet, sans ressource, si vous n’avez pas la bonté de faire finir celte affaire au plus tôt. — Salut, confiance et respect.

Gobain,

Instituteur, rue Martin, 11" 92 .

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encore quelque sympathie, comme dans celte affaire. Reubell surtout les tenait en suspicion et se montrait toujours disposé à les confondre avec les « anarchistes ». Un certain Bart lui ayant écrit, en frimaire an VII, que « les cercles constitutionnels étaient composés des mêmes éléments que les sociétés populaires de Robespierre et que les théophilanthropes n’étaient pas antre chose que des anarchistes », Reubell recommanda la lettre à la lecture du ministre de la police '.

L’iaceadie du temple de la Victoire. — En brumaire an VII, un commencement d’incendie se déclara au temple de la Victoire (Saint-Sulpice), dans un local allenantà celui où les administrateur théophilanthropes étaient en train de délibérer1 2. L’incendie, d’après le ministre de la police, Duval, était l’ouvrage des fanatiques, indignés de la profanation de leur temple par les « fêtes républicaines3 ». Les administrateurs théophilanlhropes n’en furent pas moins un instant mis en état d’arrestation4.

1 1 est à remarquer que le journal « anarchiste » , La Corres-

1. Reg. d'enregistrement de la correspondance du Directoire. Arch. nat., AF'Ii* Ç)g, n° 2638, à la date du 2Q frimaire an Vil. L’apostille de Reubell est dans la colonne des observations et porte sa signature.

2. L’incendie est raconté en ces termes dans Le Bien informé du i:5 frimaire : « L’incendie s’est développé vers les sept heures vingt dans un magasin formant le coin de la rue Garancière, adossé à la fameuse chapelle dite de la Vierge, église Saint-Sulpice, aujourd’hui le temple de la Victoire. Un citoyen qui passait par là, se trouvant affecté par une odeur de goudron et autres odeurs fortes, s’arrêta pour examiner d’où elles pouvaient provenir, et* de suite il entendit le cliquetis des vitraux qui se fêlaient : il allait crier au feu quand deux ou trois hommes qui rôdaient par là lui dirent de se taire ; il insista et frappa à la porte de la chapelle. Des théophilanlhropes, qui délibéraient là sur la partie administrative de leur culte, crurent d’abord qu’on voulait troubler leur assemblée. Heureusement pour eux que la porte était ouverte pour s’enfuir, car la cloison qui les séparait de l’incendie se brisa à l’instant même qu’ils étaient avertis. »

On trouvera un plan de la partie incendiée dû à l’architecte Chalgrin, « directeur des bâtiments du Palais national du Directoire exécutif », qui fut chargé des réparations (Arch. nat., F13 8n).

3. Rapport du ministre en date du i5 brumaire an VIL(Arch. nat., A Fü I 4 7).

4. D’après La Correspondance des représentants du peuple Stévenolle, Dessaix et Dcthier (suite du Journal des Hommes libres'), du 2<j brumaire an N JJ .

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