BENOIST- I.AMOTIIE ET LE CULTE SOCIAL
Le culte des Adorateurs eut même un commencement d’exécution. Si on en croit Grégoire1, Daubermesnil aurait fondé deux asiles, l’un à Gaillac, sa patrie, l’autre à Paris, rue du Bac. A Paris, les sept ou huit pères de famille qui composaient l’association, jetaient en entrant à tour de rôle un grain d’encens dans le brasier allumé sur un trépied au milieu de l’appartement et répétaient ce geste à divers moments de la cérémonie théurgique.
Quelques mois plus tard, les adorateurs se confondront avec les théophilanthropes, dont Daubermesnil devint un des chefs'2. Entre les deux cultes les ressemblances abondent. Tous deux sont fondés sur le déisme, tous deux se targuent de tolérance ; dans l’un et dans l’autre se retrouve, quoique à un moindre degré dans le second, la même sentimentalité, le même amour de la nature, le même idéal patriarcal. La ressemblance se poursuit même jusque dans le détail : le costume des lecteurs théophilanthropes, par exemple, est calqué sur le costume du chef d’asile de Daubermesnil.
Benoist-Lamothe et le culte social. — Le livre de Daubermesnil était à peine paru que le journal, L’Observateur de l’Yonne, publiait, dans son numéro io3, un projet de culte social qui, par scs analogies avec la théophilanthropie, vaut d’être reproduit in extenso.
PROJET d’un CULTE SOCIAL PRINCIPES FONDAMENTAUX DE CE CULTE
La religion est le principal fondement de la morale, la morale est le plus ferme appui des lois, les lois sont le soutien de la société, la société a pour luit le bonheur commun.