POLITIQUE RELIGIEUSE UE BONAPARTE
position philosophique, à laquelle il allait se heurter, était trop forte pour qu’il osât l’attaquer de front. Il crut utile de dissimuler le plus longtemps possible, et, pour commencer, il affecta de garder une parfaite neutralité entre les diverses églises ou plutôt de faire pencher alternativement la balance en leur faveur.
Le 3o brumaire, son ministre de l’intérieur, Laplace, rassura les philosophes dans une circulaire, où il rappelait les autorités administratives à la stricte exécution des lois sur les institutions républicaines: « Je suis informé que la malveillance ose annoncer 1 anéantissement prochain de toutes les institutions républicaines. Le serment qu’ont prononcé les consuls de maintenir la République, leur conduite, depuis qu’ils tiennent les rênes du gouvernement, ont déjà dû détruire ce bruit calomniateur. Cependant ne négligez aucune occasion deprouver à vos concitoyens que la superstition n’aura pas plus à s’applaudir que le royalisme des changements opérés le 18 brumaire. C’est en continuant à faire observer avec la plus scrupuleuse exactitude les lois qui instituent les fêtes nationales et décadaires du calendrier républicain, un nouveau système de poids et mesures, etc., que vous justifierez la confiancedu gouvernement1 2. »
Huit jours après celle circulaire, destinée à prévenir le mécontentement des républicains, les consuls rapportaient tous les arrêtés pris par le Directoire en vertu de 1 article XXIV de la loi du 19 fructidor, et mettaient en liberté les prêtres constitutionnels, les prêtres mariés, qui auraient cessé l’exercice du culte depuis le 7 vendémaire an IV Le 17 frimaire an VIII, le ministre de l’intérieur invitait les administrations centrales ou municipales, qui avaient fermé les églises les jours autres que les décadis3 * * * *,