‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 402 sur 519 · Arrêté du 8 frimaire an VIII (Duvergier · texte numérisé non relu

Arrêté du 8 frimaire an VIII (Duvergier

3. Voir la lettre qu’il écrivit aux administrations centrales de l’Oise

et de l’Aisne qui avaient pris cette mesure au moment îles grands

périls de I ’an A II (Arcli. nat., F*9 3 1 1 ). Voici quelques passages de

cette lettre : « ...Nous n’avez eu pour objet sans doute que de fami¬

liariser de plus en plus les citoyens avec les institutions républicaines,

CHUTE DU CULTE DECADAIRE

à rapporter leurs arrêtés, contraires à la liberté des cultes.

C’était le tour des catholiques constitutionnels à se montrer satisfaits, ce sera bientôt celui des catholiques réfractaires.

Suppression des fêtes nationales. — Après l’acceptation de la nouvelle Constitution, Bonaparte n’avait plus à observer les mêmes ménagements à l’égard du parti philosophique. Par son ordre, Laplacc était chargé, le 2 nivôse, de préparer un mémoire sur la suppression de la plupart des fêtes nationales. Seules devaient être conservées celles dont l’opinion publique se montrait unanime à désirer le maintien. Docilement, Laplacc proposa le lendemain de ne décréter comme fêles nationales que les deux seuls anniversaires du 1/1 juillet, « époque qui commença la Révolution », et du 1e1' vendémiaire, « époque qui aurait du la terminer ». Et, le même jour, un message consulaire invitait les commissions législatives, qui siégeaient encore, à convertir le rapport de Laplace en texte législatif. Ce qui fut fait séance tenante1. Privé des fêtes nationales, qui étaient ses grandes solennités, le culte décadaire subissait un grave amoindrissement.

Les arrêtés de nivôse an VIII. — Les mesures d’apaisement se suivaient répétées. Le lendemain, 4 nivôse, un avis du Conseil d’Etat restituait leurs droits politiques aux ci-devant nobles et aux parents d’émigrés, et autorisait le gouvernement à les nommer aux fonctions pri¬

mais l’exclusion que vous avez donnée à la loi esl un véritable excès de pouvoir. En aU'ectaut par celle du 11 prairial an lit un certain nombre d’édifices aux exercices religieux, le législateur n’a pas exprimé que les cérémonies des cultes ne dussent avoir lieu que tel ou tel jour, et ce qu’il n’a pas ordonné, vous n’avez pas eu le droit de le prescrire, surtout dans une matière aussi délicate et qui ne peut être traitée qu'avec la plus grande circonspection... » La minute porte en outre les phrases suivantes, barrées après coup : cc Mais il est encore une considération bien puissante qui vous est échappée en prenant votre arrêté. L’union en quelque sorte des fêtes religieuses aux solennités décadaires aurait en définitif un résultat directement contraire à celui que le gouvernement républicain doit atteindre. . . »

1 N oir l’ordre de Bonaparte, le rapport rte Laplace, le message consulaire dans la Correspondance de Napoléon, t. VI, p. 43, 44.

POLITIQUE RELIGIEUSE DE BONAPARTE 5g I

blicjues1. Le surlendemain, 5 nivôse, un arrêté des consuls rappelait en France les proscrits du 18 fructidor. Le 7 nivôse, toute une série d’arrêtés accentuaient cette évolution à droite.

Les églises non aliénées étaient rendues aux cultes, qui en étaient en possession au premier jour de l’an II. Les arrêtés, par lesquels certaines administrations avaient fermé les églises, les jours autres que le décadi, étaient formellement cassés et annulés. Amnistie pleine et entière était accordée aux chouans de l'Ouest. Enfin, à la place de l’ancien serment de haine à la royauté, il n’était plus exigé des ministres des cultes, comme des autres fonctionnaires, qu’une déclaration assez anodine: « Je promets fidélité à la Constitution. » Le 9 nivôse, un nouvel arrêté consulaire ordonnait que le corps du pape Pie VI, mort à Valence, serait enterré avec les honneurs d’usage pour ceux de son rang et qu’un monument serait élevé en son honneur.

Commentant ces diverses mesures favorables au catholicisme, Lucien Bonaparte, qui venait de succéder à Laplace au ministère de l’intérieur2, consacrait sa circulaire du 7 nivôse3 à l’exposé des principes dont s’inspirerait à l’avenir la politique religieuse du gouvernement. Pour Lucien Bonaparte, le 18 brumaire n’était pas seulement « une victoire mémorable de la sagesse sur l’esprit de parti », c’était aussi une victoire de « la philosophie pratique, qui tend à rallier, à rendre heureux tous les citoyens, sur ces théories métaphysiques, dans lesquelles le patriotisme s’est trop souvent égaré ». Ces théories métaphysiques, Lucien les avait déjà combattues à la tribu ne des Cinq-Cents, quand il s’était opposé à l’obligation du repos décadaire4; il les dénonce ici avec moins de vigueur, parce qu’il est au gouvernement et qu’il est tenu à la prudence, mais avec une précision suffisante : « C’est par les institutions que s’est déjà données, continue-t-il,

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