‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 403 sur 519 · oir [îlns haut, [>. l\2t · texte numérisé non relu

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CHUTE DU CULTE DKCTDA1KE

et que se donnera encore la République, que se formera peu à peu l’empire auguste des mœurs républicaines, mais une secte politique n’a pas plus le droit de gouverner par les maximes exclusives qu’elle s’est formées, qu’une secte religieuse n’aurait celui de dominer toutes les autres par ses dogmes. » L’allusion était perfide; la secte politique dénoncée, c’était le parti jacobin ; les « maximes exclusives » c’était la politique de déchristianisation. « Le gouvernement, poursuivait-il, se place au centre de tous les partis pour les réunir tous s’il est possible. Il sait qu’on ne gouverne pas avec un ou par un parti, mais par la volonté générale... » et il concluait, en exprimant sans doute le désir que la philosophie étende partout son bienfaisant empire, mais en formulant en même temps cette réserve : « La République n’est pas entièrement peuplée de philosophes, les principes, par lesquels on a pu gouverner une bourgade de Laconie, ne sauraient convenir à un grand peuple, chez qui le commerce, le luxe, les arts ont introduit une foule de besoins et de jouissances avec lesquelles il faut s’accommoder, car un gouvernement vraiment libre n’est pas pour quelques-uns, il est pour tous. » C’était le désaveu de toutes les tentatives essayées depuis huit ans pour déchristianiser la France, l’abandon de la principale des traditions de la politique républicaine, le reniement delà mission morale de l'Etat.

Agitation catholique. — De ces premiers succès, les catholiques triomphèrent bruyamment. Ils publièrent en placard et répandirent à profusion les arrêtés de nivôse « sur la liberté des 0111168’ ». Et naturellement ils réclamèrent de nouvelles concessions supplémentaires. Le nou-

1. L’un de ces placards imprimé à Paris chez Gauthier, rue du Martois, n° 5 (4 pages), porte sur la première page une gravure en trois parties représentant: i° à gauche la Liberté des cultes sous les espèces d’une femme plantureuse dans la position assise, à ses pieds gisent le Talmud, le Coran et l’Evangile; 2Ü au centre, un soldat républicain avec cette devise: Egalité des devoirs ; 3° à droite une femme assise tenant une urne d’abondance : La liberté îles professions. La dernière page est remplie par des vers assez plats sur la tolérance religieuse (Arch. nat., F'C11! Aisne i5).

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