L'Observateur du i5 iloréal an "VIII
4 L’Observateur du 5 ventôse an VIII.
LES PERMERS JOURS PL CELTE dËCVPYIRE 6oi
« 0 République! où sont tes républicains?1» ... « Comment le flambeau de la philosophie s’est-il obscurci et semble-t-il prêt à s’éteindre? Nous avions naguère des institutions sages, des fêtes morales et sentimentales, comment et pourquoi les a-t-on abolies?2» Le journaliste proposait bien quelques remèdes au mal : de salarier les instituteurs primaires, d’obliger les fonctionnaires a assister aux cérémonies décadaires, d’y réserver des places aux vrais républicains 3 ; il ne se faisait aucune illusion sur la valeur de ces expédients et, se rendant à l’évidence, reconnaissait que la partie était perdue sans retour : « Le gouvernement a beau faire. En vain voudra-t-il maintenir et faire observer les institutions républicaines. Des prêtres viendront toujours à bout de paralyser ses efforts. L’instruction morale des enfants, dont ils se sont empa- » rés, est devenue entre leurs mains l’arme la plus dangereuse contre la République1 5. »
Quelques administrations obstinées continuaient à célébrer, en dépit de la loi du 3 nivôse, les anciennes fêtes nationales. C’est ainsi qu’à Arras fut célébrée la lète du 2 pluviôse3, et à Auxerre la fête de la Jeunesse en germinal, celle-ci au milieu d’un nombreux concours6 7.
Mais ce sont là des exceptions de plus en plus rares. Les autorités, qui pactisent plus ou moins ouvertement avec le catholicisme, sont de plus en plus nombreuses. A Rouen, par exemple, la municipalité permettait aux « citoyens chargés du soin temporel de la cathédrale de prendre dans le temple décadaire divers tapis et banquettes, qui leur sont nécessaire pour l’installation de leur évêque' ».
A Soissons, le 12 floréal, la municipalité transférait le temple décadaire de la cathédrale à l’Hôtel de à ille par un