ÉPILOGUE
l'érection, pour honorer « la mémoire des braves du département morts pour la défense de la patrie et de la liberté1 ». A Paris, le ministre de l’intérieur poserait sur la place de la Concorde la première pierre de la colonne nationale. Une cérémonie civique aurait lieu dans le temple de Mars aux Invalides et se composerait de chœurs et de symphonies, entrecoupés par un discours de Lucien Bonaparte. Le premier consul passerait la revue des Invalides, remettrait à chacun d’eux une médaille. Il se rendrait ensuite au Champ de Mars, passerait la revue de la garnison et recevrait les drapeaux pris sur l’ennemi, qui lui seraient présentés avant d’être déposés au temple de Mars. La fête se terminerait par des jeux divers (courses à pied, à cheval, courses de chars) et par le lancement d’un aérostat. Le soir, serait tiré un feu d’artifice. Ce programme fut exécuté point par point2.
Pour la fête du Ier vendémiaire an IX, Lucien Bona parte s’inspira des souvenirs de la fédération. Les préfets durent envoyer à Paris trois citoyens de leur département, choisis parmi les « propriétaires aisés et acquéreurs de domaines nationaux ». Ces délégués occupèrent une place distinguée dans la cérémonie et furent présentés aux consuls le dernier jour complémentaire. Le ministre s'était promis que la réunion à Paris de ces provinciaux de marque aurait un grand retentissement politique : « Ils verront de près le gouvernement qui s’occupe sans relâche du bonheur de la France; ils apporteront à Paris les sentiments d’affection et d’amour qui animent toute la République ; ils partageront l’enthousiasme qu’inspirent ces augustes solennités ; ils rediront à leurs concitoyens ce qu’ils auront vu. . . » Le matin de la fêle, le premier consul posa la première pierre du monument de Kléber et de Desaix sur la place des Victoires. Le corps de Turcnne
1 Par une circulaire du 28 floréal an VIII, Lucien Bonaparte avait ouvert un concours entre les artistes pour l’exécution des colonnes départementales et de la colonne nationale.
2. Voir différents comptes rendus de la fêle dans Aulard, Paris sous le Consulat, I, p. 5io et suiv.