T. ES DERNIERS .DU RS DE I, V TIIÉ0P1IILANTIIR0PIE
richis par ses mains, les défenseurs de la liberté s’accoutumassent à séparer la qualité de citoyens de celle de soldats... etc. »
Dubroca risquait enfin celle protestation indirecte contre les bruits qui couraient d’un rapprochement entre la France et Rome :
« ... Quant aux progrès des lumières et au perfectionnement de la raison, Washington y attachait l’amélioration du sort des hommes et l'affermissement de leur liberté. Chez les peuples, où la superstition comprime les élans de la pensée, l’habitude de tout croire favorise l’habitude de tout souffrir. L’homme ne renonce pas impunément à l’usage de sa raison dans un seul objet et il semble que la nature se venge de celui qui ose ainsi la dégrader; cette disposition servile de l’âme s’étend à tout, elle se fait un devoir de résignation comme de bassesse et, courbant avec respect sa tète sous toutes les chaînes, l’homme tremble d’examiner ses lois comme ses dogmes. Ce n’était point sur de pareils appuis que Washington voulait foncier la législation de son pays... »
Rien ne montre mieux qu’un tel discours, en même temps que l’étrange aveuglement où ils avaient été plongés, les vagues inquiétudes que commençaient à éprouver les républicains qui avaient applaudi au coup d’Etat. Les théophilanthropes ne devaient pas tarder à revenir de leurs illusions. En attendant, ils profitèrent de la courte accalmie, qui suivit le 1 8 brumaire, pour continuer la réorganisation de leur culte cpi’ils avaient entreprise après le 3o prairial.
Réorganisation de la tiiéophii, anthropie. — Chemin, qui composait alors son mémoire pour la société tey lérien ne de Harlem ‘, se plaisait à constater que la religion naturelle n’était, plus professée que « par scs vrais et sincères
i . Chemin dit lui-même qu’il adressa son mémoire à la société de Harlem, le 29 brumaire an VIII (Qu est-ce que la Théoph. ? avertissement).
RÉORGANISATION DE LA TIlÉOPIULANTIIROPIE 033
amis, par de bons pères de famille, qui n’y cherchaient d’autre récompense que la satisfaction qu’on éprouve dans une société consacrée à la morale et à la littérature1 ». A l’entendre, l’institution, « loin de se corrompre en vieillissant comme tant d’autres », s’épurait, se perfectionnait : lélle n’offrait plus « aucun aliment ni à l’ambition, ni à l’intrigue, ni à la cupidité, ni à l’esprit de controverse ». Il voulait dire par là que les intrigants étaient partis et il leur souhaitait bon voyage et il se félicitait que, par le départ de ces mauvais éléments, la concorde et l’unité d’esprit se trouvassent rétablies dans son église. Elle était dirigée maintenant par des hommes prudents et modérés, par des sages, par Le Coulteux (de Canteleu), Rallier, Goupil de Prëfelne, Dupont de Nemours2, par ceux-là mêmes qui l’avait fondée et qui surent la sauver du naufrage.
Les temples en activité. — Après les nombreuses défections qui s’étaient produites dans ses rangs, il n’était plus possible à la secte d’occuper toutes les églises de Paris, comme elle l’avait fait dans la période qui suivit le 18 fructidor. Elle comprit qu'elle avait intérêt à s’étendre moins en surface et plus en profondeur. Au lieu de disperser ses efforts, elle les concentra. Le culte ne subsista que dans cinq ou six temples, à Saint-Germain T Auxerrois (la Reconnaissance), à Saint-Nicolas-des-Champs (l’Hymen), à Sainl-Sulpice (la Victoire), à Saint-Gervais (la Jeunesse)3 4 5, à Saint- Merri (le Commerce) à Saint- Thomas d’Aquin (la Paix)1.
Un voeu de Chemin. — Chemin trouvait que c’était encore trop : « Si les hommes qui dirigent cette institution (la théophilanthropie), écrivait il alors, avaient le courage de surmonter une honte mal entendue qui peut-