Qu’esl-ce que la Théoph. ? p
3. Ce règlement est imprimé à la suite d’un prospectus développé
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I. Composition et attributions du conseil. — Le conseil comprenait sept membres an moins, onze au plus, tous âgés de vingt-cinq ans, mariés ou veufs, on pères adoptifs, ou célibataires âgés de quarante ans. Ces conditions étaient obligatoires. Pourtant, par une délibération expresse du conseil, on pouvait n’en pas tenir compte, mais à condition que la délibération fut prise à l’unanimité. Dans tous les cas, pour être membre du conseil ou pour exercer les fonctions de lecteur, il fallait avoir au moins vingtcinq ans.
Les membres titulaires étaient pourvus de membres suppléants en égal nombre. La moitié des titulaires, comme des suppléants, devaient être en état de présider les cérémonies du culte, de faire des lectures ou de prononcer des discours. Les lecteurs pouvaient appartenir à plusieurs « conseils du culte de la religion naturelle ». Les autres, les « non lecteurs », étaient particulièrement chargés des détails administratifs. Ils ne pouvaient être membres que d’un seul et même conseil.
Lecteurs et orateurs ne pouvaient se constituer en deux comités séparés, « aucune délibération, soit sur la partie morale, soit sur la partie administrative du culte ne pouvait être autrement prise que par le conseil entier ou par la réunion de la moitié plus un de ses membres, aux lieu, jours et heures accoutumés... » Les réunions du conseil se font à jours et heures fixes, toujours dans le même local. Un secrétaire, nommé pour six mois et rééligible, lient registre des délibérations et prend note des présences cl des absences1. A chaque séance, le conseil nomme son président ou régulateur2. Pour les délibérations impor-
inlitulé : Ordre des fêtes religieuses et morales qui doivent être célébrées pendant l'an [X par la société de religion naturelle du temple de la Victoire. \ Paris, au vestiaire du temple, l’an IX. Bibl. nat., Ld188 32. Le règlement est daté.
1. 11 n’est [tas besoin de faire remarquer que la connaissance d’un tel registre serait très importante pour l’histoire de la secte.
2. Les sociétés populaires étant suspectes, les théophilanthropes évitaient d’employer un vocabulaire, qui pût faire assimiler leurs sociétés « religieuses » aux clubs Pour la même raison, le règlement du temple de la \ ictoire renferme cet article (litre I, vi) : « Les titres
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(ailles, les membres du conseil sont convoqués individuellement, par exemple quand il s’agit de procéder à des élections. Le conseil se recrute par cooptation, le plus ancien suppléant devenant membre de droit à la vacance du siège d’un titulaire, si bien qu’on ne devient membre titulaire qu’après avoir fait un stage comme suppléant. Le règlement prévoit que le conseil pourra être obligé de prononcer l’exclusion d’un de ses membres. Dans ce cas, le membre inculpé devra toujours être entendu et son exclusion ne pourra être volée que « pour des causes très graves et motivées, au scrutin secret et à l’unanimité des snllVages donnés dans une réunion complète du conseil ». Tout membre, qui n’assistera pas aux séances pendant deux mois consécutifs, sera rappelé « fraternellement » à ses obligations. S’il persiste à s’absenter un mois encore, il sera considéré comme démissionnaire et remplacé. Un dernier article faisait défense formelle au conseil de s’occuper des « affaires publiques ». C’était « une règle de prudence ». « L’objet exclusif » des délibérations devait être « les progrès de la morale universelle, par la seule influence des lumières et de la tolérance ».
IL Direction morale du culte. — - Le conseil avait des attributions de deux sortes, spirituelles ou morales, temporelles ou matérielles. Les premières comprenaient la « direction des exercices », le culte proprement dit. Les lecteurs devaient veiller à conserver les principes et les formes consacrés dans le Code de Religion et de Morale naturelle à l’usage des adorateurs de Dieu et amis des hommes. Il leur était recommandé de ne permettre que les lectures et que les hymnes qui figureraient dans ce recueil. Ils ne devaient accueillir que les nouveautés qui seraient dans les mêmes principes et qui auraient été préalablement approuvées par le conseil. Aucun lecteur ne
de régulateur et de secrétaire n’ont lieu que dans l’intérieur du Conseil. Aucunes lettres ni aucuns actes, destinés pour l’extérieur ( sic ), ne font mention de ces qualités, tls sont individuellement signés par la majorité des membres. La correspondance peu importante peut être signée par un membre pour le Conseil. »
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doit monter en chaire, « à la tribune », sans être revêtu du costume officiel. Les détails de la surveillance sont spécialement. confiés à un régulateur, choisi au scrutin secret parmi les lecteurs, nommé pour un an et rééligible. Le régulateur assiste à chaque cérémonie, « lors même qu’il ne doit faire aucune lecture ». De simples citoyens peuvent être admis à faire des lectures, mais c’est un droit plus théorique que réel. Il faut qu’ils remplissent les conditions requises pour les lecteurs ordinaires, qu'ils soient agréés par le conseil « au scrutin secret et aux deux tiers des suffrages », qu’ils soumettent leur discours à son approbation et qu’ils consentent les modifications et suppressions qu’on pourra leur demander. Le discours d’ailleurs doit être conforme à un type déterminé. Sa première qualité doit être la brièveté. « Le conseil estime qu’un discours de morale ne doit pas avoir plus de dix huit a vingt-cinq minutes de débit. Un discours de trente minutes n’est pas admis, à moins que sa division naturelle en deux parties ne permette de le couper par le chant d’un hymne, auquel cas on supprime dans l'exercice la lecture des préceptes. » L’ordre et le programme des fêtes reh gicuses est arrêté chaque année, une fois pour toutes et affiché dans le temple.
Les écoles. — Le conseil n’a pas seulement dans ses attributions spirituelles le culte proprement dit, mais aussi les écoles, qui sont conservées. Le temple de la Victoire entretient une « école des deux sexes », regie par un règlement particulier *. L’instituteur et l’institutrice sont choisis par le conseil, qui nomme aussi, pour les surveiller, un « professeur». Le professeur visite Irequemment l’école, dirige l’instruction qu’on y donne, se rend
1. Ce règlement ne nous est pas parvenu, mais il est certain que l’école fonctionna. Elle reçut les éloges d’un orateur théophilanthrope, probablement de Chemin, dans un discours prononcé au même temple en l’an 1\ : « Déjà depuis plusieurs mois, nous avons élevé une école des deux sexes, dans laquelle un certain nombre d’enfants sont instruits à un prix très modéré. Il s’agit aujourd'hui d’augmenter les moyens de ce précieux établissement afin que d’autres élèves puissent profiter de la même faveur. . » (Recueil île discours prononcés dans divers temples de théophilanthropes. Arch. liât , AD XVIF9, discours n° 11).
638 LES DERNIERS .lOl'RS HE LA TIIÉOPIIILANTIIROPIE
compte des progrès des enfants, préside « les exercices publics dans lesquels ils sont interrogés ». Le professeur et l’instituteur remplissent obligatoirement les fonctions de lecteur ou même celles de régulateur.
III. Partie administrative du cuite. — Dans ses attributions administratives enfin, le conseil réglait les recettes et les dépenses, recevait les dons et souscriptions volontaires, en déterminait l’emploi, etc... La police des cérémonies était confiée à deux administrateurs de semaine. Les fidèles, choisies comme quêteuses, étaient averties un mois an moins à l’avance. Pendant les chants, on percevait le prix des chaises. Les dons volontaires étaient inscrits sur un registre que les membres du conseil présentaient à leurs amis. Défense était faite de solliciter de souscription d’un fonctionnaire public sans autorisation expresse du conseil. Tous les trimestres, le trésorier rendait ses comptes. Le conseil les arrêtait et en donnait connaissance aux fidèles à la fin de l’exercice. Sur un tableau affiché dans le temple on inscrivait le montant de chaque souscription, sans désigner autrement les souscripteurs que parles numéros de leurs quittances. Plusieurs articles prévoyaient la constitution d’un fonds de réserve, sitôt que les circonstances le permettraient. Les économies faites chaque trimestre seraient placées à intérêt. Le conseil s’interdisait de toucher au capital comme aux intérêts, aussi longtemps que les revenus des sommes capitalisées ne seraient pas suffisants « pour soutenir le culte avec décence et dignité et entretenir une école de bienfaisance ». Quand le conseil aurait jugé par un vole unanime cette heure arrivée, on cesserait de capitaliser les intérêts, mais le capital continuerait d’être intangible. Toujours très minutieux, très prévoyant, le règlement conseillait de diviser le capital en petites portions et de faire des placements séparés. Pour prévenir enfin une objection possible des philosophes, il était stipulé qu’en aucun cas la théophilanthropie ne posséderait de biens de main-morte, comme en avait eus l’église catholique. « Il ne pourra jamais être fait d’acquisition d’immeubles. »
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Précautions bien superflues hélas ! mais qui montrent cependant quelles vastes espérances continuaient à habiter dans Paine des derniers lliéophilanthropes !
Les tiiéopiiilanthropes et la bienfaisance. — Chemin n’avait pas dû rester étranger à la rédaction des derniers articles de ce règlement. L’une de ses idées favorites était que la théophilanthropie ne s’affermirait definitivement cpi’en devenant pour ses adeptes une association charitable. Peut-être avait-il dans sa pensée P exemple de l’ancienne maçonnerie. Dès brumaire an \ 1 1 1 , il préparait, « pour le moment où la République jouirait de la paix intérieure et extérieure », P organisation « de sociétés > l'instruction cl de bienfaisance ». Leur objet, disait il, devait être d’établir entre les théophilanthropes « une réciprocité de service », « de ne faire qu’une seule famille de plusieurs, de les attacher toutes au succès du culte par ces liens puissants qui unissent les membres d’une même société1 2 »... Deux ans après, quand il fit imprimer son mémoire à la société de Harlem, il n’avait pas encore renoncé à son projet. « Sans doute qu’il sera possible, écrivait il, d’établir un jour dans la théophilanthropie ces sociétés de prévoyance si communes en Angleterre, qui, à I aide de légères économies faites dans l’âge du travail et tle la santé, assurent des ressources pour la vieillesse et les maladies’. » Ces beaux projets ne purent être exécutés. La théophilanthropie fut supprimée, au moment même où Chemin songeait à les mettre en pratique.
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Nouvelle orientation donnée a la secte. — 11 avait du moins réussi à ramener la secte à l’esprit de ses ori-