BRESSE ET EE CI I.TE N M UREE
Ainsi la République sera fondée sur des bases durables. Le meilleur gouvernement n’est-il pas celui où les citoyens regardent la « slrirte observance des lois de leur pays comme le plus bel hommage rendu à la divinité, on Vamour de Dieu est pour ainsi dire lié avec l'amour de la pairie ? » La nouvelle religion ne fera pas seulement le bonheur des Français, « l’étranger viendra goûter parmi nous les douceurs de cette double liberté civile et religieuse, et l’univers étonné ne sera pas moins pénétré d’admiration pour la sagesse des Français qu’il l’a été pour leur bravoure ».
Ou nous nous trompons fort, ou le pauvre diable, l’auteur anonyme de ces « Réflexions » sera sous peu un Théophilanthrope convaincu.
Lassé d’attendre des pouvoirs publics la réalisation de son rcve, il s’unira aux hommes de bonne volonté qui se mettent à l’œuvre avec leurs propres forces.
Bressy et le culte naturel. — Le citoyen Bressy, médecin à Arpajon, qui adressa au Directoire, le 3 pluviôse an IV, le plan d’un Culte Naturel , fera probablement de même. « Le peuple a du pain, s’écrie-t-il dans le préambule de son mémoire1, l’Ftat a des finances, il ne reste plus qu’un Dieu à honorer sans fanatisme pour que la France soit heureuse eL la République consolidée ! » On ne fondera cette religion sans fanatisme qu’en prenant exemple sur l’antiquité.
« Le paganisme, le plus ingénieux de tous les cultes, nous donne un modèle et un type qu’il faut suivre. » Il « avait en effet pour but de rendre hommage à l’intelligence suprême des bienfaits de la nature ». « L'ignorance dans cette religion adorait l’emblème et la raison rendait grâces des bienfaits dont il était le signe. »
Autrement dit, à l’imitation des païens, il faut organiser un culte, qui parle à la raison des gens éclairés et aux sens des autres. Comment? En vulgarisant la science. « Nos connaissances nouvelles et étendues sur les lois, qui