TONNE — - LES THÉOPHILES DE SENS
ii heures: Le dimanche qui suivit la pétition, les prêtres prolongèrent à dessein leur grand’ messe jusqu’à midi1.
Doléances de Benoist-Lamothe au ministre de la police. — Benoist-Lamothe ne resta' pas sur cet échec. Il protesta auprès du préfet et, comme celui-ci n’agissait pas, auprès du ministre de la police, auquel il fit parvenir celte requête grandiloquente et d’ailleurs pleine de logique et de fermeté :
Sens, icr fructidor an VIII.
Au citoyen ministre de la police générale, la société religieuse des Théophiles, établie à Sens.
Salut, respect... et justice !
Citoyen ministre,
La société religieuse des Théophiles, établie à Sens depuis près de trois ans, était dans l’usage, pour se conformer à la loi, de célébrer son culte tous les décadis.
Mais l’observance du décadi n’étant plus d’obligation pour les simples citoyens, les Théophiles ont présenté une pétition à la mairie pour la prier de fixer l'heure à laquelle, sans troubler l’exercice du culte catholique, ils pourraient, les jours correspondants aux dimanches et autres indistinctement, exercer le leur dans le chœur du temple dont ils sont en possession depuis plus de deux ans2.
A ma demande, si juste et si raisonnable, la mairie a répondu par un premier arrêté, en date du 21 thermidor, par lequel elle interdit aux Théophiles l’usage du temple les jours correspondants aux dimanches de 1ère vulgaire. — El sur quel prétexte leur fait-elle cette défense ? C’est, dit-elle, pour prévenir des voies de fait. Mais ne pourrait-on pas lui répondre que, depuis trois ans bientôt que le culte de la religion naturelle est exercé à Sens, il est arrivé vingt fois que le décadi coïncidait avec le dimanche, que cependant, ces jours-là, les catholiques et les Théophiles ont célébré paisiblement leurs olliccs dans le même temple, chacun à l’heure qui leur était assignée, sans qu’il y ail eu, pour cela, aucune voie de fait. Le peuple ne se porte à des voies de fait que sous le règne de magistrats injustes ou pusillanimes.
Certes, l’arrêté illégal, arbitraire, (pie la mairie vient de