Arch. munie. d’Auxerre
3. Lettre du préfet au maire, en date du 27 frimaire an 1\. Arch. municipales d’Auxerre.
68/| LES ÎIERNIERS .lonns DE I V TllÊOPIUE WTIIROPÏÉ
mis mire les deux partis, mais ses bons offices échouèrent, par la faute, d’après lui, des théopbilantbropes. Le 2 nivôse an 1\, il rendit compte au préfet de ses démarches infructueuse :
« Le maire de la ville d'Auxerre au préfet de Y Yonne.
A ous m’avez chargé, par voire lettre du 27 frimaire dernier, de concilier les catholiques cl les lliéophilanthropcs qui oui l’usage commun du temple Eusèbe cl de pourvoir à ce que chacun se servit d’un autel particulier. Je n’avais pas attendu celte lettre pour négocier la paix entre les sectaires des deux cultes et, appuyé de votre autorité, j’avais obtenu du citoyen Tenain, que je reconnais seul pour commissaire, la promesse formelle que, le décadi 00, les théophilanthropes emploieraient à leur culte l’autel portatif, dont ils se servaient ci-devant, (pic de suite ils le placeraient sur des roulettes cl le placeraient, hors des moments de service, dans un lieu à ce destiné, d’où ils le tireraient pour le service de leur culte. J’avais en conséquence prévenu les commissaires catholiques de cet arrangement, en les in\ i tant à respecter l’autel, lorsqu’il serait déposé dans le lieu choisi et à répondre qu’il n’y serait fait aucun dommage. Les connu issaires catholiques s’étaient soumis avec empressement à cette décision et en étaient très satisfaits. L’engagement du citoyen Tenain avait été très publiquement contracté dans le lieu des séances de l’administration municipale. le aq frimaire, en présence de plusieurs administrés, et j’avais tout lieu de m’applaudir d’avoir si efficacement rempli vos intentions. Tout ce plan, citoyen préfet, a été éludé par la malveillance de la pluralité des sectaires théophilanthropes qui, au mépris de vos invitations, des miennes et de la convention stipulée par le citoyen Tenain, se sont portés le 3o avec violence à l’autel catholique cl ont continué de le profaner par une affectation, qui brave à la fois la justice, la raison, la décence et le respect dû aux autorités.
Cette entreprise hardie et provocatrice du désordre ne peut rester impunie. 11 n'est plus possible d'espérer de conciliation de la part des théophilanlhropes. Le peu d’hommes sages, qui sont parmi eux, 11e sont point écoulés, et ce sont les turbulents, les hommes sans principes d’équité ni d’honnêteté qui tout la loi. Je pense donc, citoyen préfet, (pie, pour parvenir à éviter une scène scandaleuse, que je crains chaque jour de voir éclater, il est indispensable, citoyen préfet, que \ous preniez une décision qui sépare les sectaires des deux cultes »