Mémoires sur le consulat, p. 1O1, Paris, 1827, in
2. Grégoire raconte qu’en i8o5 encore, on lisait au frontispice île l’église de Champlàtreux la dédicace : Temple de la liaison ( Histoire des Sectes, J, p. 106).
3. Dès le 17 mai 1800, dans une lettre à l’évêque de Luçon, le pape Pie Vit avait interdit aux catholiques de célébrer leur messe dans des églises souillées par les hérétiques ou les incrédules: « Probamus vehementer atque in Domino commendamus providentiam tuam, qua cavere voluisti ne dioecesani lui Deo operaluri sacra ulla faciant in templis, quae sacrilego atque idolatrico cultu polluta sunt. Quae enim societas Christi cum Belia 1 Aut quae communicatio lucis cum tenebris esse potest ? Ut propterea satius sit in abscondito Patrem orare et in cordis cubiculo laudis hostiam otl’erre Deo, quam cum profanis communes aras habere, ne causa ulla vel minima praebealur suspicandi catholicos in divinis cum acatholicis communicare » (Boula)' de la Meurthe, I, p. i3).
4. Spina à Consalvi de Paris, le 3 oct. 1801 (Boulay de la Meurthe,
Arrêté du 12 vendémiaire an X. — Il tint parole. Quatre jours après cette conversation, le 12 vendémiaire an X, il prenait l’arrêté suivant :
« Les sociétés connues sous le nom de théophilanthropes ne pourront plus se réunir dans les édifices nationaux h »
Il prescrivait en même temps à Fouché de transmettre celte décision par lettre spéciale au préfet de Maine-et- Loire, département que La Révellière avait représenté à la Convention. Il n’y avail pas de théophilanthropes en Maine-et-Loire, mais on comprend que Bonaparte ait tenu à lier jusqu’à la fin la cause des théophilanthropes à la personne ridiculisée de l'ancien directeur. Il comptait sans doute faire passer l’odieux de la mesure à la faveur du sourire de gaieté qu’elle évoquerait. La lettre de Fouché au préfet de Maine-et-Loire fut imprimée en placard et criée dans Paris 2.
L’exécution de l’arrêté ne rencontra et ne pouvait pa? rencontrer de grandes résistances.
Les derniers jours de la secte a Paris. — A Paris, les théophilanthropes se présentèrent comme de coutume, le 20 vendémiaire, à la porte des églises qu’ils avaient occupées jusque-là. Partout on leur en interdit l’accès. Ils se bornèrent à protester en paroles. Quelques-uns se formèrent en groupes, parlèrent d’aller trouver Bonaparte, les ministres. Ce fut tout3.
Si on en croyait les 1 anales de la religion 4, les théophilanthropes sc seraient effectivement présentés, quelques
IV, p. ii4-ii6) Les Annales philosophantes publièrent peu après sur la suppression delà théophilanthropie un article qui a tout l’air d'un communiqué du nonce (t. \ II, p. 1 7 1 ) .
1. L’arrêté est réimprimé dans la Correspondance de Napoléon, t. Vit, p. 345.
2. Sous ce litre : Lettre du ministre de la police générale de la République (jui fait défence (sic) anx théophilanthropes de s’assembler davantage dans les endroits ci-dessous indiqués par ordre du gouvernement. Hib. nat., Ld 188 33, in 8, 4 p. La Révellière fail allusion a cette Lettre dans ses Mémoires, II, p. ifig.
3. D’après la brochure intitulée Extraits de la correspondance d'un gobe-mouches [Jourgniac Saint- Méard], p. (il ; A I’aris, pendant le mois de vendémiaire an X. Rib. de la V. de P., 3 2 4 1 •
(><) '| les derniers jours de i,.v Tm';ormi,AN'riiuopiE
jours après, à l'audience du premier consul. La Révellière aurait été à leur tête. Ils auraient demandé la jouissance exclusive de quelques églises. Mais cette démarche est bien invraisemblable. Aucun document contemporain ne la confirme et La Révcllière n’en dit rien dans ses M émoires.
Pétitions. — Ce qui est certain, c’est que les théophilan tropes essayèrent de se débattre contre la mort pendant quelques mois encore. Nous savons, par une lettre de Pli. de Cobenzl à Colloredo, datée du 3o novembre 1801 ', qu’ils présentèrent alors une pétition à Bonaparte pour lui demander, au nom de la liberté de conscience, la permission de se réunir dans un local à eux 2. Portalis renvoya leur pétition à Fouché et Fouché fit une réponse évasive. Des explications embarrassées de Fouché, les théophilanthropes conclurent qu’on ne leur interdisait pas de continuer leur culte dans un local privé. Ils en louèrent un, mais, quand ils allèrent à la police faire la déclaration de leur prochaine assemblée, la police refusa d’en prendre acte 3.
Protestation adressée a l’Institut. — Les théophilanthropes protestèrent. Ils s’adressèrent à l’Institut 4. Ils en appelèrent au public dans un écrit plein de bon sens et de logique :
« Comment se fait-il que, dans un pays, où le gouvernement ne cesse de proclamer la liberté des cultes et dans le moment où tous jouissent d’une juste protection, celui de la religion naturelle, qui s’est professé publiquement pendant cinq années, soit seul proscrit ?
Le ia vendémiaire an X, les consuls de la République ont pris un arrêté, qui porte que les théophilanthropes ne pourront plus se réunir dans les édifices nationaux. Cet arrêté, loin d’interdire aux amis de la religion naturelle l’exercice de leur culte dans des locaux particuliers, en contient implicitement l’autorisation. S’il était possible, en effet, que l’in-
i . Boulay , IV, p. ù 33 .
a. Ce local aurait été l’ancien couvent de Bellechasse, Extraits de la correspondance d’un gobe-mouches, p. 4i.
3. D’après Dulaure, Histoire de Paris, 21' édition. L. IX, p i3(j.