Circulaire conservée aux archives du Calvados
SI PPUESSIOX DANS I i;s DEPARTEMENTS
l’invitation du préfet, le maire convoqua à lTIôtel-de- Ville les commissaires théophilanthropes, les citoyens Yoirin, Gourliau et Mathieu, pour leur donner connaissance de l’arrêté du 12 vendémiaire; les commissaires ne se rendirent pas à la convocation et le maire prit un arrêté pour leur interdire l’accès de Saint-Eusèbe et pour ordonner l’inventaire du matériel qu'ils possédaient dans celle église. Le lendemain était un décadi. Le commissaire de police organisa un service d’ordre. Mais il n’eut pas à intervenir : « J’ai reconnu dans tous les sectaires du culte théophilanthropique, lit-on dans son rapport, une entière soumission à se conformer aux intentions du gouvernement1. »
Comme leurs frères parisiens, les théophilanthropes auxerrois demandèrent l’autorisation de se réunir dans un local à eux, mais leur demande n’eut pas de suite.
Deux ans après, le 12 pluviôse an XII, comme le préfet de l’Yonne invitait le maire à surveiller les dissidents religieux, les prêtres de la petite église et les théophilanthropes, le maire lui répondit (le 2 ventôse) : « 11 ne reste des théophilanthropes que le souvenir, je n’aperçois pas d’autres traces de leur culte abandonné que quelques distributions hebdomadaires qui se font chez Chaumel, autrefois leur caissier, ce qui ne présente rien de blâmable ni de dangereux2 3. »
A Sens, Benoist-Lamothe prêcha à ses fidèles la résignation: « J’apprends à l’instant qu’un ordre du ministre de la police générale nous défend d’exercer notre culte dans les édifices nationaux. En attendant que nous trouvions un autre local je vous invite, mes frères, à prier Dieu, chacun en particulier, et à conserver dans vos cœurs les principes éternels de la simple et sublime théophilanthropie, c’est-à-dire de Y amour de Dieu et du prochain \ »