‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 470 sur 519 · Le 38 octobre 1800, d'après Quérard · texte numérisé non relu

Le 38 octobre 1800, d'après Quérard

n\ m:s principaux tiiéophii. \nthropes 699

Rallier survécut à l’Empire. Loin de renier ses convictions théopliilanthropiques, il continua de les proclamer1.

Dupont ( de Nemours') ne se montra pas moins conséquent avec lui-même. Il défendit le déisme contre les attaques de Bonald et fit un vif éloge de la philosophie du xviii8 siècle: « Le déisme, s’écriait il, est une religion comme une autre et une religion très pure, très paisible, très sociale, très amie des bonnes mœurs, très ennemie du trouble et des mauvaises mœurs. C’est une religion qui se marie avec le principe de toutes les autres reli gions, qui n’en exclut aucune, qui se prête sans affectation à leurs cérémonies, quand cela peut servir à conserver la paix, qui adopte leur morale uniforme, qui est essentiellement tolérante2 3 * * * *. »

J'ignore si Siauve revint au catholicisme, je sais seulement qu’il consacra les loisirs que lui laissaient ses fonctions de commissaire des guerres à des recherches archéologiques et qu’il mourut dans la retraite de Kussie en

Chemin se réfugia dans la maçonnerie, dont les loges se rouvraient. Il y fut probablement suivi par beaucoup de ses anciens fidèles. En 1819, je le retrouve, orateur de G.-. L.-. écossaise, discourant sur la maçonnerie à peu près dans les mêmes termes qu’autrefois sur la théophilanthropie: a Le plus honorable et l’unique but peut-être

1 . Dans scs OEiwres poétiques et morales, parues en 2 volumes en 1 8 1 3, figurent plusieurs pièces déistes.

2. Lettre aux auteurs du publiciste , datée du fi brumaire an \l\ (29 oct. i8oà) et reproduite dans les Opuscules morales ( sic ) de Dupont de Nemours, p. 33 1 (Bib. nat. Invent. Z 39739).

3. Il fit commencer des fouilles auprès de Vérone en 1808 décrivit plusieurs mémoires sur les antiquités do la Haute- Italie : Al siqnore commandatore Somenzari, prefetlo del deparlimento di Passariano, tel-

lera suqli ultimi scavi di Zuqlio, Vcrona, 1812. De antiquis Norici dis,

urbibus et Jinibus epistola, Vcrona, î1'1' déc. 1 8 1 1 . Letlera ul sirjnor

Giovanni Danese Huri, podesta di 1 erona, sopra l’inscrizionc del consule Muciano ultimamenle scoperta, Vcrona, 1 8 1 1 . Il s'occupait aussi d'antiquités gauloises et fut membre de l’Académie celtique. Parmi ses travaux celtiques : Mémoire sur les antiquités du Poitou, i8o4. — Mé¬

moire sur les temples des druides et les antiquités du Poitou, i8o5. —

Précis d'un mémoire sur l’ocloqone de Montmorillon connu sous le nom de temple des Druides, i8oâ (d’après Quérard).

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de la maçonnerie, c’est d’entretenir parmi les hommes la paix et la bienveillance universelle. C’est l’arche sainte, que la bonne providence semble avoir placée au milieu du déluge de tous les maux pour être le refuge de la philanthropie, que l’ambition, l’orgueil, les rivalités, les haines nationales, politiques et religieuses bannissent de la surface de la terre1. » Tout maçon convaincu qu’il est, Chemin voudrait alors réformer la maçonnerie, « restée, d’après lui, bien loin des lumières du siècle ». Dans un mémoire, que couronna la loge des Cœurs-Unis en 182/5 ", il critiqua ses frivolités, ses ridicules, son peu de résultat, ses allures mystérieuses: « Est-il bien vrai aujourd’hui que le secret sur ce qui se fait en maçonnerie soit possible et même avantageux3? »

Toujours soumis aux puissances, quelles qu’elles soient, il se proclame le loyal sujet du bon roi Louis XYII1. Il célèbre ses vertus, son courage dans le malheur4. Il parle de « la surveillance que le gouvernement doit exercer sur les loges3 » et il nous apprend à celte occasion que la Loge écossaisse, à laquelle il appartient, a des démêlés avec le Grand Orient. Il est resté homme du xviii'' siècle jusqu’au fond de l’âme. Il se plaît à organiser des fêtes, à tourner des petits vers. On sent qu’il tient à la maçonnerie, parce qu’elle est une société choisie, un salon distingué, où on cause et où on s’amuse avec décence. N’avait-il pas essayé autrefois de donner à la théophilanthropie l’allure d’une société littéraire? Aussi n’est-on pas surpris de le voir composer, pour une fête maçonnique, présidée par Mmn de Villette, la belle et bonne de Voltaire, des couplets allégoriques, assez plats d’ailleurs, les Pèlerins de Bélhel, que chanta l’actrice Démar sur l’air des Mystères d'Isis 6. On n’est pas surpris davantage, quand on voit la

1 . 11 publia ce discours dans ses Travaux maçonniques el philosophiques, 4 vol. in-8, 1819 182/1, I, p. 110 Bib. nat., J 1 3 1 6 2 .

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