ÉPILOGUE
1. M° I sambcrt et les théistes en 1829. — Enquête policière.
2. L’Alliance religieuse universelle en 1 854 - — Henri Carie. — La Libre Conscience.
3. La seconde théophilantliropie. — Le comité Décembre. — Dogmes. — Pratiques. — Organisation. — Propagande politique. - — Polémique avec Sarccy. — Une interview avec M . Décembre.
L i . Un nouvel apôtre. — M. Camerlynck.
Depuis l’arrêté consulaire du 12 vendémiaire an X, le rôle historique de la théophilantliropie est terminé, mais son souvenir subsistera et, à plusieurs reprises au cours du xix1’ siècle, les adversaires de l’église romaine évoqueront son exemple et s’en inspireront. Certains mêmes essaieront une restauration de l’église déiste.
Ml ISAMBERT ET LES THÉISTES EN 1829. - Le X 01 juillet
1829, un avocat distingué du barreau de Paris, Me Isambert lança, sous le titre Uni Deo , une « circulaire à tous les théistes de langue française, seuls adorateurs du vrai Dieu », dans laquelle on lisait : « Nous sommes menacés par une association puissante, dite catholique, et par des condamnations arrachées à quelques tribunaux dans la libre profession de notre croyance religieuse.
Vous êtes invités à vous réunir à votre tour et à choisir des députés qui puissent aviser aux moyens d’organiser une défense.
Il 11e peut y avoir qu’un député par arrondissement. Le député remettra ses pouvoirs et la liste de ses coreligionnaires à Paris chez Me Isambert, avocat, rue Neuve Saint-Augustin, n° 8. Il sera ensuite convoqué à une assemblée générale qui prendra toutes les mesures néces-
M° ISAMBERT ET LES THÉISTES EN iS^f) 7 1 I
saires pour qu’à l’avenir vous y soyez constamment représentés. »
Ce projet de groupement de tous les théistes de France en une église organisée ne passa pas inaperçu. La Gazeltè de Fance publia in -extenso cette « pièce inconcevable », datée effrontément « de l’ère de Socrate » et apprécia comme il convenait ce « nouveau scandale », celle « résurrection de la théophilanthropie ». Elle démontra fort congru ment que « la profession publique du déisme est la consécration du matérialisme cl de l’athéisme » et dénonça la faction, qui voulait faire reconnaître par les tribunaux la profession publique d'irréligion1.
Enquête policière. — Le gouvernement s’émut. Le commissaire de police, M assol. fut chargé d’une enquête. Il interrogea Mc 1 sambert, qui lui fit cette réponse : c< Nous voulons nous mettre à couvert contre les procès religieux qui se multiplient et, forts de l’article V de la Charte2 3, résister à toutes les at laques qui seront dirigées contre nous. On veut des professions de foi, on en aura, car nous en ferons : ce n'est pas que nous cherchions à former une religion nouvelle ni à nous écarter du dogme unitaire ; il n’est qu’une seule religion, une religion éternelle, c’est celle que l’homme trouve dans sa conscience... Déjà, on cherche à déverser le ridicule sur ce projet qui va s’accomplir, mais nous n’en poursuivrons pas moins dans ce que nous voulons résoudre. Peut-être que des amis, des collègues, liés ensemble de cœur cl île principes, émettant librement leurs croyances religieuses, viendrontils à bout de mettre fin aux poursuites injustes, qui sont journellement suscitées par le ministère public, et si l’un d’entre eux a besoin de secours, chacun de scs associés sera prêt à l’aider de ses ressources et de ses talents N. . »