Gacellc <lc France du 3i juillet
2 « Chacun professe sa religion avec une égale liberté et obtient
pour son culte la même protection. »
3. D'après le rapport de Massol.cn date du ■>. août 1829 (.-Vrch. nat.. F" (5684). Le même jour, 2 août, Massot recherchait an n“ 12, rue Taranne, s'il 11’existait pas une société théophilanthropique parmi
Kl'ILOGUE
J'ignore ce qu’il advint du projet, de M1' Isambert, mais il est probable qu’il en resta là. Son autour avait voulu, comme il l’avoue, faire une manifestation contre les procès de presse intentés pour outrages à la morale publique cl religieuse1. La manifestation faite, il n’alla pas plus loin.
L'Alliance religieuse universelle. — En i85/i, se forma à Paris sous la direction d’Henri Carie, {'Alliance relujièuse universelle, groupe déiste qui présente des affinités si’ étroites avec la théophilantbropie qu’il pourrait bien être avec elle dans un rapport de filiation directe. Comme l’indiquait son titre, l’Alliance se proposait « de rapprocher dans une communion fraternelle les anciens adeptes de toutes les croyances religieuses. » Chemin aurait contresigné son programme, que son fondateur définissait ainsi" : « L’Alliance a compris la nécessité de s’appuyer sur un ensemble de vérités, qui pussent être dans l’avenir le fondement de la religion universelle. Ces vérités, elle les résume ainsi: Dieu, principe souverainement intelligent de tout ce qui est, l’âme immortelle,
les nombreuses sociétés qu’un sieur Gassin logeait à celte adresse (société de morale chrétienne, — société pour l’instruction élémentaire, — société asiatique, — société philanthropique en faveur des Grecs, — société d’horticulture, — société de géographie...) mais les recherches du commissaire étaient infructueuses (même dossier).
1. La protestation de Mc Isambert visait particulièrement le procès intenté au Courrier Jrançais, qui avait été poursuivi pour les phrases suivantes qui terminaient un article critique sur la toile de Gérard, Le tableau du sacre : « Les pieuses images qui ont subjugué nos pères, les vierges de Raphaël n’ont pas cessé d’être divines, quoique leurs autels soient à moitié renversés. L’immortel tableau de la Cène, la Transfiguration et la Communion de Saint-Jérôme resteront encore des chefs-d’œuvre, même quand, les croyance chrétiennes seront comfdelement oubliées, si la durée de leurs fragiles matières pouvait atteindre jusque-là » Le gérant du Courrier, Châtelain, fut d’abord condamné en première instance à trois mois de prison et 600 francs d’amende, mais la Cour d’appel do Paris cassa le jugement et acquitta Châtelain, le 17 décembre 182g.
2. Dans un article de La Libre, conscience du 10 octobre 1868, intitulé' « Moire but ».
l’ali.i vnce religieuse universelle
la liberté et la responsabilité de 1 être humain, appelé a réaliser l’idéal que la loi morale lui dévoile... La religion ainsi entendue n’est autre chose, je n ai pas besoin de vous le dire, que la religion naturelle elle-même. La grande question pour nous et notre préoccupation constante est donc d’amener les esprits à considérer la religion comme humaine, en ce sens qu’elle dérive de nos facultés, sans aucune intervention miraculeuse de Dieu. Du moment qu’on se place à ce point de vue, on se représente aisément l’idée religieuse indéfiniment progressive, ni plus ni moins que tout ce qui dépend du développement de l'esprit humain... La dernière transformation radicale, celle qui clora 1ère des révolutions dans la sphère reliüieuse, doit donc consister à éliminer l’idée du surnaturel. . .
Si nous sommes conséquents avec notre principe, notre premier soin doit être d’éliminer l’élément sacerdotal, qui se rattache à l’idée du surnaturel et en est un produit logique... »
Henri Carle. — L’Alliance ne s’était pas bornée à des manifestations théoriques de ces principes. Elle les avait mis on pratique. Dans le même article, H. Carie nous apprend qu’elle « comptait dans son sein des familles entières, depuis l’aïeul jusqu au petit enfant » et que les femmes particulièrementy étaient « en très grand nombre » . Ces familles pratiquaient une sorte de culte domestique, qui devaiL avoir plus d’un rapport avec la theophilanthropie1. « Lorsque les circonstances le permettent, continue 11. Carie, les naissances et les mariages sont delà part des adhérents l’objet de manifestations religieuses d’un caractère très élevé. Pour la mort, on s en lient a l’enterrement laïque. De temps en temps, deux ou trois familles se rassemblent pour discuter en commun diverses questions de morale ou de philosophie religieuse. Les femmes et les enfants prennent part à ces causeries
i. Il Carie écrit en effet, dans l'introduction de sa réimpression de la brochure de Chemin Qu'esl-cc que ta Thcoph.? « Nous savons que la théophilanlhropie s’est même maintenue jusqu'à nos jours dans quelques familles. »