‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 481 sur 519 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Manuel sous le litre de Principes généraux de la théophilanthropie par Joânnis Longueville, V Instruction élémentaire sous le litre de Catéchisme moral cl civique de la théophilanthropic, e le .

La doctrine. — Décembre et ses amis entendaient rester fidèles à la pensée de Chemin. Voici comment ils définissaient, dans leur première publication1, l’esprit et le but de leur tentative: « Les théophilanthropes croient en l’existence de Dieu et en l’immortalité de l’âme, mais ils repoussent le cléricalisme sous quelque forme que ce soit. Ils n’admettent aucun des dogmes enfantés par le fanatisme et la superstition. Ils nient à qui que ce soit la qualité d’intermédiaire entre Dieu et les hommes et repoussent tous ceux qui font métier de prêtre, comme des gens qui, pour assurer leur domination ont intérêt à propager l’erreur et l’ignorance. C’est le cléricalisme qui, en se mêlant âprement aux luttes politiques de notre temps, est cause que la majeure partie de la population a rompu avec toute religion et beaucoup hélas avec la morale ! Emus de celte situation, les théophilanthropes, obligés de se cacher depuis les persécutions du premier consul, ont pensé que le moment était venu de sortir de l’obscurité et d’exposer leurs principes, persuadés qu’ils se rallieront les bons esprits qui, ennemis du fanatisme et de la superstition, croient néanmoins que l’homme n’est pas jeté au hasard sur cette terre et que le tombeau n’est pas le dernier mot de l’existence humaine... » Le frère Brunellière, secrétaire du groupe de Nantes, « l’Avenir théophilanthropique », opposait la théophilanthropic au positivisme et au matérialisme: « Ce qui est le néant pour le matérialiste, l’incognoscible pour le positiviste, le défini pour le spiritualiste, le révélé pour le religieux, est pour nous l’inconnu2. »

1 . Notice historique sur la théophilanthropie ou religion naturelle, par Carolus Desmonts, 188a, in-8.

2. Lettre publiée dans Le Fmternilé universelle du do mars 188b. L'Avenir Ihépphilanlhropique avait refusé de fusionner avec deux autres groupes anticléricaux de .Nantes.

LA SECONDE TIlÉOPHILANTHROPIE 7 I 7

Conformément à ce programme, La Fraternité universelle évitait dans ses premiers numéros les questions politiques. Lu abonné, ayant exprimé le désir que le journal eût une partie politique, le rédacteur répondit que la théophilanthropie se plaçait au-dessus des partis et qu’elle voulait repousser loin d’elle tout ce qui pouvait diviser les hommes et porter atteinte aux sentiments de fraternité

Les pratiques. — • Avec les doctrines de leurs ancêtres du Di rectoire, les nouveaux théophilanthropes conservaient aussi en principe leurs rites et leurs pratiques, mais en principe seulement 2. On trouve bien dans La Fraternité universelle le récit de quelques adoptions, baptêmes 3 4 et mariages de théophilanthropes, mais on ne voit pas que la liturgie de Chemin ait été observée. Les adeptes s’appellent entre eux frères, comme les maçons. Ils portent un insigne à leur boutonnière, mais leurs ministres (?) n’ont pas de costume spécial, « un simple ruban moiré ponceau passé en sautoir indique le rôle de chacun * ». Les nouveaux théophilanthropes n’eurent pas de temples, ne célébrèrent pas d’offices.

Organisation. — Leurs sociétés n’eurent rien de religieux. Elles 11c furent partout que des comités politiques, des « groupes », généralement dérivés de la maçonnerie. Ouvrons par exemple les statuts du « groupe » Lumière et Fraternité de Verdun 5(M crise).

Il y est question des admissions, démissions, exclusions, — des cotisations, qui sont de un franc par mois, de l’administration du groupe composé d’un président, de deux assesseurs, un frère lecteur, un secrétaire archiviste, un trésorier, un frère hospitalier, etc. Deux articles

i. Numéro du 10 janvier 188O.

a. Voir la brochure du comité central: Pratiques et cérémonies des théophilanthropes.

3. Voir, dans le n° du 10 janvier 188G, le récit de l'adoption du (ils du frère Fraingand à Versailles. Le frère Décembre présida. Il ) eut un parrain et une marraine.

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