LA SECONDE T1IÉOP1I1LAM 11KOP1E
D. Qui vous a donné l’idée de rétablir la lliéophilanthropie ?
R. Je suis déiste. Sans un Dieu, il ne saurait y avoir de morale. Mais je suis aussi anticlérical. Le catholicisme a exercé et exercera une influence néfaste. L’absurdité de ses dogmes éloigne de la religion les esprits réfléchis, ceux qui composent l’élite de la société. J’ai voulu réunir tous ceux qui pensent dans des associations fraternelles et morales, qui feraient l’éducation du peuple. J’espérais que les catholiques intelligents, ceux qui ne restent, dans le catholicisme que parce qu’ils estiment une religion nécessaire, viendraient à moi.
D. V ous comptiez aussi sur le concours des athées, puisque vous les avez admis dans l'association.
R. C’était une nécessité de propagande. Mais nous ne voulions effaroucher personne, nous pensions réunir toutes les bonnes volontés. Nous n’avons pas été encouragés par les hommes politiques. Nous ne cherchions pas d’ailleurs leur concours. Nous voulions nous tenir en dehors des partis, faire œuvre purement morale. La politique nous tue.
D. A-t-elle été pour quelque chose dans votre échec?
R. Certainement. Plusieurs de nos collaborateurs étaient malheureusement plus préoccupés de politique que de religion. C’est le boulangisme qui est cause de mon échec. Des divisions se sont produites au comité central. La majorité des membres a pris parti pour Boulanger. Une scission s’est produite. Plusieurs de mes anciens collaborateurs sont aujourd’hui des militants du nationalisme.
D. Y otre association entretenait des rapports suivis avec la franc-maçonnerie ?
R. L’association comprenait des maçons, mais était tout à fait distincte de la maçonnerie. Certaines loges la virent même d'un mauvais œil.
D. La loge des Zélés philanthropes, dont vous avez été le vénérable, avait-elle des rapports avec la première tbéopbilanlhropie ? Son titre le laisserait à croire.
R. Non. La maçonnerie a reflété tous les mouvements sociaux. Voilà tout.
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