Code, préface, p. xiij
f)2 I V PREMIERE SOCIÉTÉ TUEOPHIL.VNTUROIMQUE
fondateurs. Ils sont guidés par le seul amour du bien public, par le seul désir de restaurer les mœurs dans la famille et dans la société. Persuadés que les cultes mystérieux et superstitieux ont fait leur temps, ils ne sont pas cependant adversaires des religions ; ils craignent, au contraire, qu’en renonçant aux erreurs des anciens cultes, les jeunes générations « n’oublient en même temps la religion et la morale ». Les principes religieux, loin d’être nuisibles, leur paraissent « la base la plus solide d’une bonne éducation, le seul frein des crimes secrets, la meilleure consolation dans l’adversité, l’encouragement le plus efficace à 1 accomplissement de tous les devoirs ». L’œuvre qu’ils entreprennent n’est donc pas une œuvre de destruction, mais de reconstruction.
« Ils se sont réunis pour chercher les moyens de soustraire leurs enfants aux dangers de l’irréligion. » Ces moyens se réduisent en somme à un seul : il consiste à inculquer dans les esprits les principes d’une religion tellement raisonnable qu’elle emporte l’adhésion complète de l'intelligence, d’une religion qui aura tous les avantages des anciennes sans leurs inconvénients. Celte religion existe, c’est la religion naturelle, qui est innée à l’homme, qu’on retrouve à la hase de tous les cultes de la terre, et « qu’aucun homme ne peut attaquer, à moins qu’il ne soit insensé ou tout à fait corrompu ». Ce n’est donc pas une nouveauté qu’ils proposent. Ils ne sont point « d’ambitieux sectaires». Leur culte remonte aux premiers âges du monde.
Loin de vouloir créer une église nouvelle, ils se proposent plutôt de réconcilier les anciennes dans cette « religion universelle », qui leur est commune à toutes, et qui un jour refera l’unité humaine dans la fraternité. Le programme des fondateurs de la théophilanthropie se donne donc pour un programme conservateur.
Le Manuel, proprement dit, comprend deux parties : une partie doctrinale, les dogmes et la morale; une partie pratique, l’organisation du culte et sa célébration.
Les doctrines. — Les dogmes. — Les dogmes sont