O 4 LA. PREMIÈRE SOCIÉTÉ THÉOPHILANTIIROPIQÜE
apôtres « de ne pas altérer la touchante simplicité du culte ». 11 les met en garde contre cette opinion fausse et dangereuse « qu’il faut frapper les sens de la multitude par la pompe cl la représentation ».
S’ils sortent de la simplicité, s’ils multiplient les inscriptions, les ornements, s’ils admettent des peintures et îles sculptures! « bientôt le peuple s’attachera pins aux cérémonies qu’aux préceptes, et tombera dans la superstition ».
Or, les théophilanthropes ne veulent pas substituer de nouvelles idolâtries aux anciennes. Il n’est pas vrai que pour émouvoir, il faille frapper nécessairement les sens. « Nous avons pour nous l’expérience, depuis que nous professons publiquement notre culte, que presque tous ceux qui assistent à nos fêtes, savants et illettrés, éprouvent de douces émotions, et que plus d’une fois ils ont été attendris jusqu’aux larmes. »
Que les bons citoyens se pénètrent de ces conseils, dictés par l’expérience et la sagesse, et le culte de la religion naturelle fera de rapides progrès. « Il fait déjà le bonheur de quelques sages... Puisse-t-il faire celui du monde entier ! »
YII
Les premières réunions. — Les Catherinettes. — En attendant que ces exhortations soient entendues et que de toute la France, de toute la terre, surgissent par essaims les apôtres de la vraie foi, Chemin et ses collaborateurs se mettent courageusement à l’œuvre.
Le 26 nivôse an V (i5 janvier 1797), dans la petite église Sainte-Catherine, cul lieu le premier exercice public du nouveau culte. Sur les murs se détachaient les inscriptions morales fraîchement peintes. Un autel orné de Heurs et de fruits s’élevait au fond non loin du chœur '.
1. Un article de la Décade du 20 floréal an V, signé Polyscope, décrit le temple théôphilanthropique des Catherinettes : « Salle très peu vaste et simplement ornée, sur la porte de laquelle je lus : Silence