Séance du 3 pluviôse an IY , Moniteur
5. De l'intolérance philosophique et de l'intolérance religieuse. Discours lu à la classe des sciences morales et politiques de l’Institut national, séance du 27 messidor an V, par J. -A. Creuzé-Latouche (Bibl. d’Angers).
II fi LA PREMIÈRE SOCIÉTÉ THÉOPHILANTHROPIQUE
Rallier » mit du moins au service de la nouvelle Église tout son zèle et ses talents poétiques1. En 89, il était capitaine du génie. La Révolution lui lit quitter l’armée pour la politique et la littérature. Successivement officier municipal et administrateur du district de Fougères, ses concitoyens l’envoyèrent siéger au Conseil des Anciens, lors de sa formation. Il devait dès lors faire partie de toutes les assemblées politiques qui se succédèrent jusqu’à la Restauration. Sous le Directoire, il ne prit la parole que dans les questions d’affaires, sauf une fois, quand à la fin de l'an Ail, il combattit la loi des otages. Ce n’était donc point un jacobin, mais un bourgeois éclairé qui craignait la restauration de l’ancien régime et qui voyait dans le clergé le plus dangereux instrument de cette restauration, bourgeois conservateur même, dont le rêve fut de tout temps de réconcilier la philosophie avec la religion2 3. La théopliilanthropie lui parut réaliser cette réforme du christianisme qu il avait en vain sollicitée de Grégoire, le patriarche des constitutionnels. Il crut naïvement aussi qu’autour de la formule théophilanthropique se ferait cette union, ou tout au moins cette entente, des anciennes religions, après laquelle il soupirait :). Comme il avait la plume facile et l’imagination tournée vers les choses doucement agréables et sentimentales, il écrivit des fables4 5, des contes ’, en prose et en Arers, des épîtres6 7, des poèmes dialogués ', des tragédies8, qui 11e virent pas le feu de la
1. Renseignements puisés dans l'article de la Biographie Rabbe et dans le Moniteur.
1. Dans un discours sur une question proposée par la Société des sciences de Montauban : A quels caractères reconnait-on la vraie philosophie ? il écrivait encore (c’était sous l’Empire) : « L'espoir de réconcilier la philosophie avec la religion avait été de tous temps ma chimère favorite. » Rallier, OEuvres poétiques et morales, l8i3, in-8, t. I, p. 422 (Bib. nat., Inv. Z 23286).