‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 8 sur 519 · LES PATRIOTES ET LES INSTITUTIONS · texte numérisé non relu

LES PATRIOTES ET LES INSTITUTIONS

Eli bien ! « il faul faire aujourd'hui pour le maintien de la liberlé et de l’égalité, ce qu’on lit trop souvent pour l’esclavage et le mensonge1 ». Il faut que la République, comme la religion, ait ses cérémonies, ses fêtes, ses enseignements, qui gravent dans les âmes par le dehors, en quelque sorte, l’amour de la patrie et de la liberlé, source du bonheur terrestre. « Toutes ces jouissances, moitié mystiques, moitié matérielles dont le culte était le prétexte" », il faut les dériver au profit du nouveau régime politique '.

Ainsi les Français seront arrachés par une douce violence aux prestiges des prêtres, ainsi la République sera définitivement fondée et assurée de l’avenir-, ainsi la régénération de la nation, et bientôt de l’espèce, s’accomplira.

Le culte de la Raison et le culte de l’Etre suprême. — Ces idées n’étaient pas nouvelles. Dès la lin de 1791, aussitôt que l’échec de la constitution civile du clergé leur avait paru irrémédiable, les patriotes s’étaient efforcés d’organiser l’éducation politique des adultes parles conférences populaires et par les cérémonies civiques. Sous la Législative, furent élaborés de nombreux projets de fêles nationales et d’institutions patriotiques, dont le but avoué était d’affaiblir l’influence des prêtres et de consolider d’autant la constitution nouvelle.

Laissés longtemps en suspens par l’opposition des Jacobins, qui craignaient, avec Robespierre et Danton, de compromettre la cause de la libertéen la privant de l’appui du clergé constitutionnel, ces projets de « culte civique » furent partiellement réalisés, lors des grands périls de q3, par Chaumette, Fouché cl leurs amis.

1. Esprit <Ies frics sans-culottides ou Idée générale de l’exécution de res fêtes, présentée ci la Société des Jacobins de Grenoble au nom de son comité il' Instruction publique cl imprimé en exécution de son arrêté du 18 fructidor an Ih ■ de la République française une et indivisible (Fonds Ciazier).

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