‹ La Théorie d'Ibn RochdChapitre 3 sur 41 · SE RE · texte numérisé non relu

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tée de ces textes épars, Renan ne pouvait hésiter longtemps : il devait seulement y voir, en fin de compte, soit une simple précaution oratoire contre des persécutions possibles, soit une de ces contradictions qu'il faut constater avec une bienveillante indulgence, puisqu’elles sont, chez un penseur, la marque d’un esprit large et compréhensif. Aussi n’a-t-il pas manqué d'accueillir ces deux explications à la fois. « Certes, dit-il, on se serait attendu à plus de tolérance après une déclaration aussi franche de rationalisme. Mais il faut se rappeler qu’Ibn Roschd faisant dans la Destruction de la destruction l'apologie des philosophes contre leurs ennemis qui les accusaient d'impiété, a dû se montrer sévère pour ceux dont les erreurs (1) compromettaient la philosophie (2). » Et plus loin : « On voit qu'il ne faut pas demander une extrême rigueur à la doctrine d’Ibn Roschd sur les rapports de la philosophie et du prophétisme [c'est-à-dire de la philosophie et de la religion] : nous nous garderons de lui en faire un reproche. L’inconséquence est un élément essentiel de toutes les choses humaines. La logique mène aux abîmes » (3). Puis, rapportant les accusations d’'El-Ghazäâli contre les philosophes arabes, que le théologien musulman taxe à la fois d'incrédulité, d’impiété et d'hypocrisie, Renan, sous forme d’affirmation atténuée, en revient, pour conclure le chapitre, à cette double explication. « On ne peut douter qu'il n’y ait beaucoup d’exagération dans ces déclamations de Gazzali.… Peut-être aussi Gazzali n'avait-il pas absolument tort, et les philosophes méritaient-ils le reproche d’inconséquence ou de restriction mentale. » Et il termine par la formule musulmane : « Dieu le sait » (4).

On le voit : Après s’être arrêté un moment indécis en

ETC AT OAI TON SN OT USE (4) Zbid., p. 172, 1. 15, jusqu’à la dernière ligne.

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