RIRES
à tous... [l réunira leurs cœurs dans la crainte de Lui...
« Déjà Dieu a supprimé beaucoup de ces maux, de ces égarements... grâce au pouvoir établi, et grâce à ce [pouvoir] il a ouvert la voie à un grand nombre de biens, en particulier pour les hommes qui suivent le chemin de la spéculation et qui ont le désir de connaître le vrai. Car Il a appelé la multitude à la connaissance de Dieu par une voie moyenne, supérieure au bas niveau de céux qui n’ont qu’une croyance irraisonnée, mais inférieure à l’éristique des Motékallemin, et Il a éveillé l'attention des esprits d'élite touchant le caractère obligatoire d’une spéculation intégrale sur les principes fondamentaux de la religion » (1).
Cette louange à la dynastie des Almohades, par laquelle se termine le traité, appellerait de longues explications. Mais nous ne pouvons songer à nous étendre ici sur les rapports de la philosophie d’Ibn Rochd avec les doctrines religieuses des Almohades. Pourla connaissance détaillée de ces doctrines, assez spéciales, force nous est de renvoyer aux textes du Livre de Mohammed Ibn Toumert, Mahdi des Almohades, et à l’étude magistrale mise en tête de l'ouvrage par M. I. Goldziher (2). Nous nous bornerons à quelques indications nécessaires pour l’intelligence du texte.
La réforme almohade fut un mouvement de réaction contre l’état religieux qui régnait en Afrique mineure et dans l'Espagne musulmane, au début du xn° siècle, sous la dynastie almoravide. Poussés, des confins du Soudan sénégalais, à la conquête du Maghreb, par un élan de fer-
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(2) Le livre de Mohammed Ibn Toumert, Mahdi des Almohades, texte arabe, accompagné de notes biographiques et d’une introduction par I. Goldziher, professeur à l'Université de Budapesth, traduite en français par M. G, Demombynes. Collection du Gouvernement général de PAlgérie. Alger, 1903. — Cf. dans ZDMG, année 1887, t. XLI, pp. 30 à 140, l’article de M. I. Goldziher intitulé : Materialien zur Kenntniss der Almohadenbewegung, passim.