‹ La Théorie d'Ibn RochdChapitre 33 sur 41 · OS · texte numérisé non relu

OS

le sait, outre le Qoran et la sonna, une troisième autorité religieuse. Se fondant sur un hadits attribué au Prophète : « Mon peuple ne sera pas unanime dans une erreur » (1), la religion musulmane fait de l’idÿmd* ou accord unanime de la communauté islamique, une troisième source de la Loi religieuse. Cette nouvelle autorité, subordonnée aux deux premières, est qualifiée pour trancher toutes les questions qu’elles ont laissées en suspens. Si donc les Musulmans sont unanimes à prendre un certain texte dans son sens extérieur, quiconque est conduit par la démonstration à interpréter ce texte devient infidèle, et inversement, celui-là aussi devient infidèle qui est conduit par la démonstration à prendre au sens extérieur un texte que les Musulmans sont unanimes à interpréter (2). Le droit d'interprétation est donc étroitement limité par l'idymd". Aussi El-Ghazâli a-t-il accusé d’infidélité les falâcifa musulmans, comme El-Fârâbi et Ibn Sinâ, pour avoir soutenu l'éternité du monde, l'impossibilité pour Dieu de connaître les choses particulières, et le caractère allégorique du dogme de la résurrection des corps, c’est-à-dire pour avoir, sur ces trois points, rompu l'idjmâ', en donnant une interprétation philosophique à des textes que les Musulmans, unanimement, prenaient au sens extérieur (3). On reconnaît ici la donnée fondamentale du Tahäfot el-faläcifa (L'effondrement des faläcifa), dans lequel El-Ghazâli énonce en effet, contre les falâcifa, vingt chefs d’accusation qu'il développe successivement, dont dix-sept pour hérésie, et les trois autres, que nous venons d’indiquer, pour infidélité caractérisée.

La réponse sommaire qu'Ibn Rochd va faire à cette triple accusation n’est qu’une faible esquisse de son magistral ouvrage, consacré à la réfutation, point par point,

(1) Me Qi (tal Fos Y.

le) Page SL AL 8 (3) Page 29, L. 19, à p. 30, 1. 4.

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