D'UN ES
respect devant les mystères de la foi? Ou bien y a-t-il de bonnes raisons pour n’adhérer pleinement à aucune des solutions jusqu'ici proposées?
En résumé, un très petit nombre d’historiens de la philosophie musulmane, trois ou quatre à peine, ont consacré à la question des rapports entre la philosophie et la reiigion selon Ibn Rochd une étude de quelque étendue. Bien que leurs travaux aient très utilement préparé la solution du problème, il reste, semble-t-il, quelque chose à faire après eux. Ils ont étudié la philosophie religieuse d’Ibn Rochd dans ses rapports avec celles d’Avicenne et d'El- Ghazâli, dans ses rapports avec celle de saint Thomas, dans ses rapports avec le soi-disant averroisme latin. Il reste à l’étudier directement et pour elle-même. Ils aboutissent à des conclusions différentes et même opposées. Il reste à les départager, en serrant de plus près les textes qu'ils ont utilisés, en faisant état de ceux qui ont pu leur échapper, en présentant sous une plus vive lumière certaines considérations restées dans l'ombre. Ils ne semblent point apercevoir suffisamment l'importance capitale de la question qu'ils étudient, pour le système d'Ibn Rochd en particulier, et d’une manière générale pour toute la philosophie musulmane : chacun de ces historiens se borne à indiquer la véritable solution qu’en fait, Averroës, selon lui, a choisie, comme s’il s'agissait là d’un choix plus ou moins arbitraire, dont il serait oiseux de chercher un peu loin les raisons. Si bien qu’ils se contentent de signaler en passant, dans une simple phrase, dans une proposition incidente, sans justification, comme un fait isolé, dépourvu d'explication et pour ainsi dire de cause, la conformité ou la non-conformité de l'attitude d’Averroès à celle des autres philosophes arabes. Au contraire, avant d'aborder l'étude des textes d’Ibn Rochd avec l'espoir d’en obtenir l'exacte intelligence et d'arriver à dégager la vraie pensée du grand philosophe musulman, il nous paraît indispensable de chercher d’abord, par une analyse des éléments
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mêmes du problème qui se posait devant lui, les conditions auxquelles se trouvait astreinte par avance la solution qu’il en pouvait proposer. Nous examinerons, chemin faisant, si le problème, pour les autres penseurs arabes, se posait dans les mêmes termes; et des textes, suffisants pour trancher, en passant, cette question incidente, nous montreront si la solution à laquelle, en fait, ils s’arrétèrent, coïncidait ou non avec celle d’Averroëès.