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autres philosophes grecs, même antérieurs à lui : d’accord entre eux sur les points essentiels, tous ces sages ne peuvent guère différer qu'accidentellement, sur des questions de second ordre (1). En fait, c'est sur les œuvres d’Aristote, authentiques ou apocryphes (2), que portera, en philosophie, tout l'effort des études arabes (3); puis, naturellement, sur celles de ses disciples et de ses commentateurs (4), surtout de ses commentateurs alexandrins (5), dont les falâcifa adoptent les interprétations, néoplatoniciennes, de la doctrine aristotélique. Ils ne s’adresseront guère à d’autres philosophes que pour combler certaines lacunes de l'œuvre du Maitre (6); ils négli-
(1) De même les faläcifa, quoique divisés sur certains points d’importance secondaire, n’ont jamais songé à se répartir en plusieurs écoles distinctes : selon eux, la falsafa (transcription arabe du mot otkocogix), sous sa forme ancienne (grecque) et sous sa forme moderne (arabe), est une. La philosophie est la science des sciences; il n’y a qu'une philosophie comme il n'y a qu'une science, car la science et la philosophie, la philosophie surtout, sont fondées sur l'évidence démonstrative. On ne peut donc sortir de la falsafa que pour tomber dans l'erreur : c’est ainsi qu'Ibn Rochd, par exemple, ne se fait pas faute de reprocher à Ibn Sinà d’avoir commis de simples erreurs en s’écartant, sur certains points, de la pure doctrine d’Aristote.
(2) Apocryphes : la Théologie apocryphe d’Aristote, le Traité des causes, etc. Cf. Renan, Averr, et l’averr., p 93 au bas; p. 130 au bas,
(3) Voir Wenrich, 1bid,, pp. 126 à 175.
(4) Théophraste, très en faveur chez les Arabes comme principal disciple et successeur d’Aristote(Wenrich, ibid., pp. 175 et176). — Alexandre d’Aphrodise, très estimé, très souvent traduit, très suivi (ibid., pp. 273 à 270; cf. cbid., p. 305, 1. 7 à L. ro). — Thémistius (:bid., pp. 286 et 287), etc,
(5) Porphyre (ibid, pp. 280 à 285: cf, p. 305, L. 11 à L. 14). À noter en particulier un commentaire de son /sagoge par Ibn Rochd, qui existe en traduction hébraïque (4bid., p. 285, 1. 7 à 1. ro).
(6) Par exemple, au début de son commentaire sur la République de Platon, Ibn Rochd déclare qu'il introduit cet ouvrage de Platon pour suppléer aux livres d’Aristote sur la Politique, qu’il n'a pu se procurer. — C'est, de même, pour combler une lacune des livres d’Aristote que les Arabes ont adopté l’/sagoge de Porphyre (Introduction à l'étude des Catégoties d'Aristote), si souvent traduite et commentée par eux, — De même enfin, ils étudient les œuvres de logique de Galien (ibid., p. 257 au bas; p- 259, 1. 12 à 1. 14 et 1. 2r à 1. 26) qui, aux trois figures du syllogisme découvertes par Aristote, en avait ajouté une quatrième.