‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendanteChapitre 103 sur 125 · TRANSITIONS INSTRUMENTALES · texte numérisé non relu

TRANSITIONS INSTRUMENTALES

de comprendre pourquoi elle ne peut pas faire un saut de structure à structure . . . Puisque F élection naturelle ne peut agir qu’ en profitant de légères variations successives, elle ne fait jamais de saut: mais elle avance à pas lents. »

Entre le singe et F homme , il y a un hyatus. Les intermédiaires n’existent pas dans la faune vivante; on les suppose pourtant comme ayant existé, et on se flatte de les découvrir dans les couches de la terre. Car on sent le besoin de modifications graduelles et par petites nuances pour expliquer les transitions généthiques.

On pourra en quelque manière comprendre que le chien mâtin va passer au berger , et au chien loup ; mais on ne trouvera jamais excogitable qu’ à la seconde génération du chien levrier, on passe au grand barbet ou au chien loup. Car la théorie des transitions généthiques, ou la filiation des êtres, ne peut se passer de transitions par petites variations , et par petites nuances.

Mais c’ est une affaire bien différente lorsqu’ on prend

la question dans son entier, c’est-à-dire lorsque aux

transitions généthiques on ajoute les transitions instrumentales. Pour peu que l’on examine les transitions instrumentales entre deux types, on voit que bien des fois elles impliquent une contradiction , car leurs intermédiaires sont des absurdes, ou des impossibilités.

Pour expliquer notre pensée par un exemple matériel, je suppose une roue sur son essieu. Mais je puis supposer deux cas bien différents. Si je veux la roue mobile sur son axe. je fais F essieu cylindrique et la cavité du moyeu

TRANSITIONS

circulaire: c’est le mécanisme de toute voiture. — Si je veux la roue immobile sur son axe. je fais l’essieu a quatre faces, et la cavité du moyeu à section carrée: c’est le mécanisme adopté toutes les fois que l’on veut entraîner l’essieu dans le mouvement de la roue.

Voilà deux types extrêmes a et d. Les intermédiaires nous manquent, ou bien il nous manque les petites modifications de passage. Je puis pourtant les construire. D’ abord j’ émousse les quatre angles de l’essieu, et si F émoussement est assez profond , Y essieu dévient octangulaire. J’émousse encore les huit angles, il devient à seize angles ,. c’ est-à-dire , il est devenu déjà plus cylindrique que carré. Et l’ on voit que par des émoussements toujours répétés, l’essieu va devenir à section polygone, ce qui est presque absolument cylindrique.

Résumons nous: l’essieu à section carrée et l’autre cylindrique, voilà les extrêmes. Les essieux à angles émoussés par degrés et par nuances, voilà les intermédiaires sans nombre.

Mais qu’ avons nous fait ici par les modifications apportées à l’essieu? — Voyons. — Dans l’essieu à 16, ou à 32 émoussures, on n’a plus ni le quadrangulaire , ni le cylindrique. Il ne jouit plus des qualités du premier, et n’ a pas encore acquis les qualités du second ; il ne donne plus à la roue ni la fermeté du premier, ni la volubilité du second. Sauf quelques exceptions que nous ne chercherons pas ici, l’essieu à 32, ou à 64 angles, n’a pas une fonction délimitée relativement aux bouts énoncés . ni une conforma tion rati onelle.

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