‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendanteChapitre 105 sur 125 · RUMINATION · texte numérisé non relu

RUMINATION

dent pour la première fois dans l' estomac, ils vont dans la panse , et dans le bonnet ; mais lorsque après avoir été remâchés, ils passent une deuxième fois par l’ésophage, ils ne pénètrent plus ni dans l’une ni dans l’autre de ces poches, car ils se rendent directement au feuillet pour aller de là dans le caillet . . . transportés par la rigole qui termine l’ésophage des ruminants (1).

On peut dire que le magasin ou panse est placé hors de la route physiologique de la digestion. En effet lorsque la nourriture d’ un ruminant est convenablement préparée par la mastication, comme à l’ordinaire dans la bouche des mammifères, la nourriture, dis-je, descend directement par le canal alimentaire œsophage, estomac, intestin. Mais la nourriture non préparée ne parcourt pas ce sentier là; elle, à cause précisément de F état dans lequel elle se trouve de non préparation , ou de grossièreté, quitte bientôt ce canal pour s’ abriter dans une bourse de côté. C’est le magasin ou panse. Ce qu’il contient n’ appartient pas encore au grand travail de la digestion , et c’ est de beaucoup s’il s’y prépare par un ramollissement qui lui donnent les humeurs subacides transudés par les sacs mêmes, la panse et le bonnet.

Le magasin, ou la panse de l’animal ruminant, étant rempli, alors la mastication commence; et une première portion d’ aliments étant broyée redescend par F ésophage: mais il est clair, qu’elle ne doit pas revenir au magasin. Ici on a ramassé toute la partie de fourrage qui doit être broyée; il ne faut donc que la pâte semiliquide qui a été déjà préparée dans la bouche se mêle avec celui-là.

(1) Oev. c. pag. 325,

TRANSITIONS

mais il faut qu’ elle passe vite au canal digestif. — Il ne convient pas que les deux fonctions se confondent. Magasin et poches digérentes sont deux organes séparés, qu’on 11e peut accommuner sans troubler leur fonction.

Or. suivant la théorie de transition par modifications, le passage d’un type à un autre est, comme nous avons eu l’occasion de signaler tout-à-1’ heure, une suite de modifications graduelles et légères. Le passage même des animaux non ruminants à l’état de ruminants est donc, suivant les transformistes, le fait lent et graduel de plusieurs générations. Il s’ensuit qu’un grand nombre d’animaux appartenant à la période supposée de cette transition, seraient des ruminants incipients, ou des demiruminants etc. Chacun voit que ces états intermédiaires, qui donneraient seulement une fraction de fonction, par exemple, une moitié, ou un quart de rumination, seraient un non sens dans l’économie de la nature.

A l’ origine des modifications, la panse, qui 11’ existait pas chez les non ruminants, se présenterait d’abord comme une boursuflure du canal digérant; une petite poche incapable sans doute de contenir la quantité d’aliment, dont l’animal à besoin pour chaque repas. Or, pour utiliser de quelque manière la ration entière de la matinée, l’animal devrait emmagasiner une petite partie de son fourrage dans la panse rudimental , tandis qu’ il devra engloutir pèle mêle tout le reste, en le passant à la poche digérente. Après il reprendra la partie emmagasinée pour la broyer. Opération inutile, car il tient un estomac et un intestin capable de digérer les y, 0, ou le s/6 etc. d’herbe, sans la broyer.

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