le défaut de rotation dans les os de h avant-bras
Ici on ne peut se dispenser d’ une considération, qui est imposée par ce que nous venons de dire. L’ unité de plan, dans le particulier des chauves-souris ne se trouve pas en
(1) « L’articulation entre T humérus et le radius et un gynglyme très-serré. » Blainville.
(2) Le petit organe de préhension , le pouce , aurait peutêtre demandé quelque degré de tournement de la main , si son organisation était de nature à pouvoir exécuter une préhension véritable. Mais le pouce étant tout seul, et souvent réduit à la qualité de simple crochet, il ne fait que s’attacher aux corps suivant les petits besoins de l’animal.
accord avec les lois mécaniques. Car aussitôt qu’un élément osseux devient inutile ou impropre , cet os est supprimé. Nous voyons que dans la grande généralité l’avantbras a deux os, et la main a sa rotation. Nous voyons que les animaux mêmes que l’on juge plus prochains aux chéiroptères ont une telle construction (1). Or à peine que l’ on met le pied dans 1’ ordre des chéiroptères , la rotation cesse, et le radius reste seul ou presque sçul. C’est la nécessité mécanique, qui pour obtenir le vol, exclut et chasse d’un seul trait la rotation, et 1’ ulne. La
(1) Pour établir* des rapprochements théoriques on oublie des circostances très-importantes. Le trait suivant de Géoffroy St. Hil. (Leçons, p. 15) est remarquable: « mais quoiqu’il arrive, si, sous le rapport du fait de leurs longs bras, et de leurs longues phalanges digitales, les chauves-souris peuvent et doivent être ramenées vers quelques mammifères, c’ est évidemment vers les quadrumanes. Car penseriez-vous à en acquérir la preuve par un examen attentif des parties à comparer? Vous trouverez que bras, avant-bras, carpe, métacarpe et doigts , sont formés des mêmes os , à T exception de la phalange onguéale qui disparaît ainsi que 1’ ongle; et encore n’ est pas à tous les doigts. Le pouce est toujours complet . . . etc. La grandeur des doigts est sous une raison qui nous est expliquée par notre principe du balancement des organes; autant ces os ont de longueur, autant ils sont menus et grêles: on les dirait passés à la filière, n’ayant perdu en épaisseur qu’ afin de fournir à un aussi grand allongement. » — Ce sont les paroles de M. Géoffroy St. Hil. — Les défauts de F ulne et de rotation n’y sont donc pour rien? Un examen attentif peut-il donc se passer d’ un os de moins, et d’ une fonction de haute importance, sans même l’avertir? Un examen de telle sorte sera-t-il exact et scientifique , ou bien plutôt immaginaire et poétique?
ÉLASTICITÉ DE l’ AILE DES CHÉIROPTÈRES 225 nécessité mécanique domine en maîtresse , et Y unité clc
plan n’y maintient pas même d’honorables apparences.
Si la stabilité et une inclinaison déterminée du plan frappant, est une condition de toute aile en général; l’élasticité de sa surface en est une autre condition. On voit ce caractère porté au plus haut degré dans 1’ aile par excellence , l’ aile des oiseaux. Les plumes sont des instruments élastiques et légers. Tout le monde voit qu’on ne pourrait substituer avec avantage aux plumes une plaque rigide. L’élasticité rend le coup gradué et plus doux pour 1’ animal , et évite à son corps toute secousse pénible ou tout soubresaut. La charpente osseuse de l’ aile de l’ oiseau, dès F épaule à la pointe, n’ a presque pas d’ élasticité ; mais en partant de cet axe vers la périphérie de l’ aile , tout est surface graduellement élastique.
De même chez les chéiroptères , de l’ épaule au carpe on n’a presque point d’élasticité; c’est tout un axe osseux; mais, partant du carpe jusqu’à la périphérie de l’expansion alaire, on a l’ élasticité fournie par la membrane crépue, (1) et quelque peu par l’effilement des os
(1) La membrane alaire présente plusieurs observations à ce propos. Des fibres musculaires, et tendineuses parcourent la membrane. « L’ action simultanée de toutes ces fibres musculaires a pour résultat de tendre énergiquement la membrane du vol, en lui donnant une forme légèrement concave par en bas , condition évidemment très-favorable à l’ action de ce parachute » dit Bert sur le Plialanger volant. Bull. Soc. Phil. 1866 pag. 7. Voir encore Alix. 1. c. Ces particularités décrites par M. Bert à propos du Didelphis petaurus , peuvent se rapporter encore à la membrane alaire d’animaux trèséloignés, tels que nos chéiroptères.