‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 17 sur 129 · LA MAIN DE L' HOMME · texte numérisé non relu

LA MAIN DE L' HOMME

Bien que l'on possède des ouvrages remarquables à plusieurs égards , et qui traitent expressément de la main , tels que ceux de M. Bell (1) et de M. Gûnther (2), ce n'est pas là que nous trouvons rassemblés tous les matériaux nécessaires pour notre recherche. On a dans les travaux de M. Cruveilhier, de Carus, de Bichat etc. beaucoup d'observations qui nous seront de grand secours. Il nous faut toutefois prendre Texamen de la main sous un point de vue encore plus général et en même temps plus détaillé; car la main de l'homme est notre point de départ, et le terme de comparaison avec les e^ctrêmités d' autres mammifères.

Je ne dois pas m' appesantir sur ce que j'ai dit plus haut; mais dans l'examen de l'extrémité supérieure de l'hèmme, nous allons trouver les conditions mécaniques, signalées ci-dessus , portées au maximum. Le bras n' est pas en effet d'une seule pièce, et il ne pouvait pas l'être. Le bras est une tige brisée , qui se compose de trois par-

(1) Bell. The hand,

(2) Gunther. Dos Hanâgelenk etc. 1850.

50 FLEXIBIUTÉ DU BKAS

ties: humérus, avant-bras et main. Les articulations scapulo-humérale, huméro-cubitale , et radio-carpienne permettent que les trois pièces puissent former des angles entre eux, ce qui permet au bras de s'étendre, de fléchir, de s' allonger et de se raccourcir en tous sens , et dans toutes les mesures.

Le bras est doué de flexibilité, et de mobilité à un très-haut degré. Les savants Weber et d' autres encore ont remarqué qu' il n' y a aucune partie de notre corps convenablement posée, que la main ne puisse atteindre. De plus, une personne étant debout et parfaitement immobile, peut prendre également bien l'insecte qui s'est posé sur son épaule, et le fruit qui se trouve haut placé sur un arbre à toute 1' entière portée de son bras. Dans le premier cas le bras est entièrement fléchi, dans l'autre il est entièrement étendu. Le bras étendu devient alors un rayon, dont une des extrémités est fermée à son centre sur l'épaule; tandis que par l'autre il peut dessiner une périphérie dont la figure est une demi sphère à convexité très-uniforme. Les points en nombre, à la vérité, presque infinis, qui sont compris dans cette demi sphère, sont tous à portée de la main. 11 n'est pas un seul point de tout cet espace sur lequel la main, aidée par la supination, et la inonation , ne puisse appliquer son action. La main après avoir parcouru toute la périphérie, remonte jusqu'à -son centre, 1' épaule. Là, est mise à profit toute la longueur du bras, telle qu'elle résulte par la disposition des trois pièces sur une même ligne; ici le bras se réduit à zéro; car en se repliant sur lui-même la main est portée à l'origine même du bras. Et le bras qui donne à la main le pouvoir d' agir de près et de loin,

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