‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 18 sur 129 · FLEXIBILITÉ DU BRAS · texte numérisé non relu

FLEXIBILITÉ DU BRAS

en haut, en bas, et partout, s'efface enfin presque entièrement lorsque l'extension est devenue inutile (1).

Nous pourrions porter beaucoup plus loin ces observations sur la liberté et la multiplicité des mouvements des extrémités supérieures de l'homme: mais nous nous en abstenons pour faire place à une considération qui n'est pas sans intérêt. Si d'un côté cette mobilité est surprenante en ce qu'elle n'est produite que par trois pièces (bien qu' une d'elles soit double),' de 1' autre il est bien clair, que cet organe même, le bras, ne pouvait manquer d'être composé au moins de trois parties: Vhuménis, r avant-bras et la main; et conséquemment il ne pouvait manquer des trois articulations scapulo-huméro-radiocarpienne , et enfin il ne pouvait manquer de se terminer par une forme digitée. Ce qui, en définitive, est la réalisation des conditions, ou principes généraux, qu'on a vus ci-dessus, propres à toute extrémité qui doit servir à la préhension , ou à la locomotion. — Par un moindre nombre de pièces , il serait impossible d' obtenir ces effets ; comme il serait absurde de prétendre un plus grand nombre de pièces. Lorsque trois sont parfaitement suffisantes, à quoi bon en chercher quatre ou cinq?

Dans la construction organique du bras il y a donc le moindre nombre possible de parties; et cependant il

(1) M. Alix a rapporté plusieurs observations sur les mouvements de la main. — Annales des Sciences naturelles T. VHI. 1867, p. 295.

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y a toutes celles qui sont nécessaires; c'est le minimum accompagné par T entier le plus complet (1).

La multiplicité des fonctions qui sont exécutées par la main n' est pas due seulement à la variété des mouvements, dont le bras est capable. Il y a encore un autre élément , qui est la forme digitée de la main. Par sa division quinaire elle amplifie sa surface moyennant son pouvoir de divergence; et, opposant, ou fléchissant ses doigts, elle devient une tenaille tout à la fois très-délicate, et très-robuste.

Etudions donc , nous dit un savant qui a fort bien analysé la main, M. Cruveilbier (2) « étudions avec toute r attention qu' elle mérite cette main , véritable chef d' œuvre de mécanique. »

La main est exposée à supporter des efforts excessifs : tout le monde sait cela. On voit les artisans essayer de

(1) Je ne puis m' empêcher de remarquer que les effets signalés se résument enfin dans leur cause ; c' est-à-dire que les mouvements se rapportent à la construction du bras. Or cette construction paraîtra de nouveau toutes les fois qu' on aura répété les mêmes effets voulus, si non dans la même proportion, au moins dans une proportion aliquote. Je remarque en passant^ que dans les autres animaux vei'tébrés on aura plus ou moins d' analogie des parties , qu' on aura plus ou moins d'analogie des effets, ou des mouvements; voyez les singes par exemple etc. Il ne faudra donc pas être surpris si une unité de cause correspond à une unité d* effets; ou en d'autres mots si à une unité de fonctiotis correspond une unité de construction»

(2) Cruveilbier Traité d' atiatom, descrip, 1. p. 264.

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