NATURE ET GBAND ART
Au milieu de ces controverses, et, disons encore, de ces rudes collisions, le problème que tous avez posé Monsieur établit une position nette, sur laquelle vont s'agiter les dernières questions. Nous avons déjà rapporté plus haut ce problème, et pourtant il est bon de le rappeler ici de nouveau. — Dans la doctrine cf actes de création indépendants, comment expliquer la conformation sur un plan commun de la main de V homme, du pied du chien, de Vaile de la chauve-souris, et de la palette du phoque?
Or le problème ainsi formulé devient une objection fondamentale contre la doctrine de la création indépendante. Il est en quelque sorte un défi, un gant jeté à r ancienne opinion. Viendrais-je le relever ? Non. Mais je crois pourtant entièrement réfutable V objection que vous Monsieur avez présentée; et je suis persuadé que V unité de plan n'est pas une marque d'inconciliabilité avec la doctrine d'une création par actes indépendants.
Avant d'aborder directement notre sujet, il me faut avancer quelques observations générales.
Vous avez employé Monsieur le mot Nature; je dois en user aussi. Pour nous ce mot est le grand art, selon Voltaire, derrière lequel est l'artiste. Vous avez, à l'origine, les forces et la matière; nous allons un pas plus en arrière, nous avons une première puissance. C'est là le fond des deux théories. Une fois leurs différences établies et arrêtée la valeur des mots, les équivoques et les erreurs pourront être écartées de notre discussion.
Plaçons encore ici une espèce de postulatum. — Les lois de statique, d'équilibre, et plus généralement les