NATURE ET GRAND ART
lois de mécanique et de physique, établies par V ordonnateur universel, qui régissent l'art humain, régissent de même Tart de la nature dans ses constructions mécaniques et physiques; et ainsi que ces lois du monde physique s'imposent impérieusement au petit art humain, ils règlent de même le grand art de la nature. On ne prétendra pas sans doute qu'il y a deux mécaniques et deux physiques etc. Toute ce qui est impossible mécaniquement à l'homme dans sa petite sphère, l'est aussi à la nature dans sa sphère immense (1); et ce qui est une nécessité mécanique pour l'homme, l'est aussi pour la nature. D' où vient que les travaux mécaniques naturels sont parfaitement calculables, suivant les principes généraux de cette science, en ajoutant toutefois qu'il y a des applications d'un ordre supérieur de ces sciences, qui ne sont pas toujours abordables par la science dont l' homme dispose aujourd' hui. Ainsi l' œil avait précédé Newton et DoUond dans l'optique; les voies de la foudre étaient rigoureusement déterminées avant la connaissance de 1' électricité etc. Et la science est encore loin d' avoir prononcé son dernier mot.
(1) Il est clair qu'il est également impossible à la nature, comme à Tart humain de faire en sorte qu'un grave demeure sans une base de support; qu'un mobile se déplace sans une impulsion compétente etc. — « Il y a . . . , dit un grand physicien, à propos de quelques points de mécanique animale, il y a... dans ces considérations de quoi calmer tous les scrupules; à l'impossible nul n'est tenu, pas même la nature, et vouloir chercher dans ses œuvres le mouvement de rotation continu, nous semblerait aussi déraisonnable que de lui demander de faire un animal incombustible » — Faucault. Journal des Savants j 1871, mars.