ÉLASTICITÉ DES DOIGTS PAR LE CARPE
OU bien une nécessité ? — Amputez un doigt à un homme , il connaît bientôt la nécessité de ce qui lui manque. En outre si on pouvait pousser un examen bien soigné sur les divers mouvements qui sont attribués aux doigts, on verrait aussi que pour effectuer ou compléter un mouvement donné , il est indispensable d' avoir tel , ou tel autre doigt. Ces deux arguments, ou ces deux recherches se contrôlent r une par V autre.
D' autre part cette finale quinaire de T arttis doit se réduire à sa base naturelle, à Tavant-bras composé de deux os. Or dans les parties intermédiaires entre le métacarpe et r avant-bras on a un jeu de réduction du nombre des pièces, et une unification des parties. Ce que je ne signale pas par esprit de simple curiosité; non, il y a là bien plus. C'est une synthèse, une unification ascendante des parties composant la main qui sert en définitive a une concentration des forces. Les cinq doigts et les cinq métacarpiens s' appuient sur quatre pièces du deutocarpe ; ceux-ci se rapportent à trois protocarpiens portés par deux os de T avant-bras, sur un seul humérus (1). Je laisse aux mécaniciens d'examiner si la même force, et la même indépendance seraient également assurées aux cinq doigts s'ils étaient tous insérés sur un seul os, ou s'ils s'articulaient directement sur l'articulation radio-ulnaire.
Toutefois il me faut remarquer en passant que, si on insère un cylindre de verre dans un trou métallique on le casse aisément par un coup; si au contraire on l'insère dans un trou de cuir, avec le même coup on ne
(1) J' oubhe \episi forme, dont les fonctions sont d'un ordre différent que celles qui sont propres au carpe.
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le cassera pas. Pourquoi cela ? Parce que la première base résiste rudement, la seconde est élastique. Un métacarpe fixé .sur un carpe d' une seule pièce trouverait une résistance rude; sur un carpe polymère il trouve l'élasticité. Dans le premier cas le métacarpe pourrait se briser par un coup, dans le second il supporterait le même coup sans se briser.
En effet, si au lieu de supposer le troisième doigt fixé avec son métacarpe sur un carpe rigide d'une seule pièce vous le supposez implanté sur le grand-os, vous avez çles conditions fort améliorées. Si le coup qui frappe ce troisième métacarpien est un coup de torsion , le grand-os associé aux autres os du carpe par des ligaments et des cartilages vient à copartager l'effort supporté par le doigt; une grande portion de la coupe passe outre et va sur le grand-os , et après sur les ligaments et sur les cartilages. L'effort passe du système des os dans le système des parties molles, c'est-à-dire, des ligaments et des cartilages, système élastique et d' une grande ténacité. La colonne
digitale trouve alors ici une base qui décompose , adoucit et amortit les violences et les efforts auxquels elle est exposée ; et par là elle résiste à des coups , qu' elle ne pourrait pas supporter sur une base rigide.
S' il y a une circonstance dans laquelle l' association de la flexibilité avec la résistance soit nécessaire c' est sans doute lorsqu' il s' agit de la main , et principalement dans la division quinaire des doigts.
Mais la flexibilité et la stabilité ou la résistance ont leurs règles lorsqu' elles sont associées. Maintes fois nous voyons dans la nature la flexibilité accompagner la résis-