‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 78 sur 129 · LE CARPE DU PHOQUE · texte numérisé non relu

LE CARPE DU PHOQUE

le cinquième métacarpien va trouver un appui direct et puissant. Ils ont encore d'autres rapports avec le grandos et le prochu. ,

Le deutocarpe a V os crochu plus grand que le grandos, et maintient des rapports directs et étendus avec le scaplioïdo-luné, car il surpasse de beaucoup le grand-os en hauteur. Il possède par là bien plus de puissance pour contribuer à une plus grande force de la partie du dehors de la main. Le grand-os est très-réduit, sans massue, et finit en haut par une pointe coniformc. Il a une importance moindre dans le carpe du phoque; toutefois ses faces latérales de glissement, et lui-même s' avançant en haut dans l'interligne articulaire endocarpienne, lui permettent de dominer (en union avec le crochu à ce qui semble) quelques efforts de torsion, auxquels la patte peut être exposée dans son action extra-marine.

Nous n' avons rien à ajouter quant à ce que nous avons dit sur le trapèze et sur le trapézoïde. Mais considérant le carpe en général, on voit que les niveaux inégaux auxquels touchent les pièces carpiennes, font un arrangement très-capable de résister aux coups de latéralité, par contraste de parties solides. Par exemple, les coups en direction du cinquième au premier doigt, c'est-à-dire le pouce, vont se fixer sur le scaphoïdo-luné ; et la courbure des ongles annonce que plus ordinaires et violents sont les coups extéro-internes.

Un caractère saillant de la main du phoque est constitué par la simplicité et la petitesse des têtes supérieures

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des os métacarpiens du milieu. Lorsqu'on se rappelle combien de talus, d'extensions et d'appuis sont prodigués aux bases de ces ménj^s os pour leur soutien dans^ la main de r homme et dans celle du tigre (1). on est frappé de la pauvreté de force que Ton rencontre dans le deuxième, troisième et quatrième métacarpien du phoque. Ici, pas de talus, pas de bases étendues, pas de rapports multipliés avec les os carpions d' alentour. La tête du troisième, qui dans l'honime est si étendue et compliquée, dans le phoque est un petit carré à fticc presque plane, un peu concave. Toutes les trois ne sont que de petites faces , dont l'étendue ne dépasse pas, ou ne parvient pas même îi la grosseur de l'os. Tout cela prouve la faiblesse des rapports des trois doigts du milieu sur leurs bases.

La main du plu){j[ue est donc un instrument destiné à deux usages différents: 1.'* à la nage pour chercher l'alimentation; 2.° au cramponnement sur la terre pour élever avant tout ses petits.

Pour le premier de ces buts cette main serait une rame , pour le second une griffe. Pour former la première il suffirait des pièces en nombre , presque cartilagineuses , et une construction telle que l'on voit pour la palette du rorcjual ou de la baleine etc. (2). Quant à la seconde, il faut une charpente osseuse d'une très-grande résis-tance.

(1) Voir rétro pag. 07. Planche VI. û^. 2 et 3 ; et quant au tigre pag. 130, Planche VII. fig. 2.

(2) Voir la Planche XV. ûg, 2 et 3.

. LA MiUN CHEZ LE PHOQUE 193

Cette double fonction n' est pas bien conciliable dans un seul instrument. Il n' est pas possible d' avoir une rame qui soit en même temps une griffe, ni une griffe qui soit une rame perfectionnée. Mais comme il est nécessaire d'avoir enfin un instrument qui, autant que possible, puisse servir à la vie amphibie de l'animal, il faut que r instrument soit conformé de manière à fonctionner dans Tune et dans l'autre manière. 11 sera toutefois imparfait lorsqu'on le considère relativement à un seul des deux usages. Ce sera une griffe imparfaite tant qu' elle tiendra de la rame et vice-versa. En effet, comme rame il ne fallait une charpente absolument osseuse, ni pour le carpe ni pour les phalanges . ni des ongles etc. et comme main rampante, il ne lui convenait ni la forme de palette, ni des doigts peu divaricables , ni le bras aussi relié sous les intéguments, ce qui rend l'animal si embarassé dans ses mouvements.

On dirait que dans la palette du phoque, on a dû pourvoir davantage à la vie terrestre par la charpente osseuse et par les ongles, qu'à la vie marine par la forme de palette. En réalité, c'est que la fonction de grimper pour un coi^ps aussi lourd que celui du phoque, réclamait une résistance décidée et beaucoup de force. Quant à la rame, c'est une question de forme plus que de mécanisme interne.

Terminons enfin le sujet du plioque par une dernière observation.

Il n'est personne qui ne comprenne maintenant que dans un examen tel que nous 1' avons fait de la patte

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