‹ La théorie darwinienne et la création dite indépendante: Lettre a? Ch. DarwinChapitre 99 sur 129 · PL XVIII · texte numérisé non relu

PL XVIII

238 DIVARICATION DES MÉTACARPIENS DES CHÉIROP.

un abducteur, un dépresseur, uù élévateur. On trouve en effet cette structure compliquée dans les cas que nous avons cités de l'homme et des oiseaux, lorsqu'aux mouvements de divarication sont associés ceux de préhension. Si r épanchement de l' aile de la chauve-souris se faisait par la divarication des doigts telle que nous venons de considérer, il aurait fallu un grand appareil de muscles divaricateurs très-forts , et d' autres abducteurs. J' ai dit très-forts , car pour conserver en divarication les doigts lorsqu'ils sont sous l'action du vol, il faudrait beaucoup de force. De plus une noctulc qui pendant plusieurs heures voltigerait dans l'air, serait contrainte à une tension continuelle de ses muscles divaricateurs.

Arrêtons bien nos idées. La divarication que nous venons de considérer est un repoussemcnt mutuel des pièces sur un même plan, c'est la disposition des rayons dans une roue. Un autre moyen et un mécanisme plus simple, c' est la divarication oblique , celle que l' on voit dans l' éventail des dames. On obtient encore ici une grande extension de surface par un simple glissement des tiges suivant leurs faces de contact. Mais on l' obtient moyennant une condition. L'éventail étant fermé, son axe est horizontal; on r ouvre si l'on fait baisser les tiges d'un côté, et si on les exhausse de l' autre. Enfin c' est un exhaussement et un abaissement de parties qui composent l'éventail; ou, ce qui revient au même, il faut que les tiges se trouvent placées dans un différent degré d' abaissement.

Considéré de la sorte, l' épanchement de l'aile de la chauve-souris, se réduit à un simple mouvement d' élévation et de dépression des doigts. Je puis imiter ce travail

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là par ma main. Si je déprime mes quatre doigts contre la paume de ma main, et qu'après je relève l'index de toute sa portée , après le troisième un peu moins, et graduellement ainsi les autres doigts, j'obtiens une surface dilatée, qui imite à perfection celle de l'aile d'une chauvesouris; et pourtant mes doigts n'ont fait qu'être relevés à différents niveaux de leur première dépression.

Pour ce mécanisme, il ne faut plus ni muscles divaricateurs, ni abducteurs de grande portée. L'action des élévateurs et des dépresseurs suffit, et ces muscles mêmes ne demandent que de petites dimensions.

En effet la distension des quatre doigts de la chauvesouris pour le vol est un travail de peu de moment. Il suffit d' avoir un muscle capable d' élever tout simplement le doigt, jusqu'à l'extension requise. Ce serait comme si je devais relever mon index ou mon doigt du milieu de son état de dépression. Le choc sur 1' air poi'te à étendre les doigts de la chauve-souris , et de plus ce choc est supporté par la tige métacarpienne, non moyennant l'action des muscles dépresseurs , mais bien par le mécanisme des parties osseuses; c'est-à-dire par les engrenages de l'articulation carpo-métacarpienne.

L'action musculaire est donc réduite à très-peu de chose sur les quatre doigts de la chauve-souris. L' aile battant de haut en bas , le mécanisme pour la distension des doigts est principalement confié au système osseux. Les muscles élévateurs ont achevé leur fonction lorsqu' ils ont élevé le doigt. Ce qui coûte bien peu. Il en est de même pour les dépresseurs des doigts.

Cela explique la grande ténuité de tous ces muscles.

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