‹ La théorie de l'évolutionChapitre 16 sur 85 · FAT · texte numérisé non relu

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tible d’une division physique, et puis après nous pouvons encore continuer la même opération sans fin. Mais ce n’est pas là concevoir la divisibilité infinie de la matière, c’est seulement se former une conception symbolique qu'on ne peut, en la développant rendre réelle, et qui n'a pas d'autre moyen de vérification. En réalité, concevoir la divisibilité infinie de la matière, c’est suivre mentalement les divisions à l'infini, mais il faudrait pour cela un temps infini. » (1)

Cette argumentation suppose que pour concevoir un corps comme indéfiniment divisible, on doit se figurer séparément chacune des divisions qu'on peut y opérer. Autant vaudrait dire : pour concevoir que tous les hommes sont mortels, je dois me figurer séparément la mort de chaque individu. Personne n'admettra une telle exigence.

Je comprends fort bien ce que je dis quand j'aflirme qu'à diviser un corps en parties de plus en plus petites il n'y à pas de fin, sans que j'aie besoin de me représenter par l'imagination chacune des divisions, ce qui, en effet, est impossible. Prétendre que cela est nécessaire, et que sans cela je n'ai pas l'intelligence de ce qu'est cette divisibilité indéfinie, c’est une aflirmation paradoxale. On y est amené par la confusion que nous avons déjà signalée entre les idées rationnelles et les représentations concrètes de l'imagination.

Spencer examine ensuite les différentes hypothèses qu’on peut faire sur la constitution de la matière et les trouve toutes insoutenables.

Un morceau de umnétal pourrait être conçu d’abord comme un corps plein, c’est-à-dire, n'ayant point de pores ni d’interstices quelconques entre ses atomes, « Cette affirmation, dit Spencer, nous jetterait dans des difficultés inextricables. Si la matière était absolument solide, comme on le suppose, elle serait absolument incompressible, — ce qui n’est pas — puisqu'on ne peut concevoir la compressibilité ou, d’une manière implicite, le rappro-

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