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qui s’est avisé le premier de mettre en doute la réalité du monde extérieur et d'en faire une question pour les philosophes. » Fort bien. La question est en effet résolue par le sens commun et, croyons-nous, par la philosophie. Mais il est également clair que qui soulève la question de la relativité de nos connaissances, soulève par la même la question de lexistence réelle des choses que nous connaissons. Et lorsque M. Brunetière ajoute : «Nous ne pouvons nous demander si quelque chose existe qu’à la condition d’être deux : nous, qui nous le demandons, et, hors de nous, quelque chose dont nous le demandons », il n’est pas moins manifeste que cette réflexion n’est qu'un paralogisme.
Brunetière dit encore: « Tout se passe... comme si le monde extérieur était ce que nous croyons qu'il est. » (1) Nous comprendrions qu'après cela il conclue : il est done vraiment ce que nous croyons qu'il est. Au lieu de cela l’auteur, après avoir indiqué les solutions possibles de la question, ajoute : « Mais de ces trois solutions, quelle que soit celle que l’on adopte, et pour quelques raisons que ce soit, le monde extérieur n’en continue pas moins à étre tout ce qu'il est pour nous.» Et ici nous ne comprenons plus. Logiquement il eût fallu dire: n’en continue pas moins à être pour nous tout ce qu'il est pour nous. Mais une telle affirmation paraitrait à bon droit inutile. |
Voici d’ailleurs les trois solutions dont il s’agit : « Ou bien le monde extérieur n'existe pas, n’est qu’une illusion de nos sens, un rêve qu’on ferait les yeux ouverts, une projection des lois de notre intelligence à travers l’espace ou le temps, — et c'est la première solution. Ou bien le monde extérieur existe et les impressions que nous en recevons sont conformes à leur objet, les phénomènes sont en soi ce qu'ils nous semblent être, ils seraient encore tout ce qu'ils sont si nous n'existions pas nousmêmes ; — et c'est une seconde solution, Ou bien enfin,
(1) Op. cit p. 161,
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