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et ne peuvent pas être absolues, soit par l'analyse des produits de la pensée, soit par celle de lopération de
- Ja pensée. » (1) Nous allons suivre notre philpsophe dans
cette double analyse.
Deux ou trois exemples sont longuement développés pour nous faire comprendre ceci: Le travail de l'esprit qui cherche des explications de plus en plus approfondies de
ce qu'il perçoit, consiste à concevoir un phénomène
comme un cas particulier d'un fait général et celui-ci comme faisant partie d'un fait plus général encore et ainsi de suite. «Nous avons pris pour point de départ les phénomènes particuliers, nous les avons rapportés à
des groupes de phénomènes de plus en plus larges, et
en les y rapportant, nous sommes arrivés à des solutions qui nous semblent d'autant plus profondes que l'opération a été poussée plus avant. Donner des explications encore plus profondes, ce serait seulement faire de nouveaux pas dans la même direction, » (2)
Comme il est impossible que d'explication en explication on aille à l'infini, il faudra bien s'arrêter à une proposition qu'on n’explique plus et qui, par conséquent, «ne peut-être comprise. Donc de toute nécessité, l'explication doit nous mettre en face de linexplicable. Le mot « comprendre » doit changer de sens avant que le fait ultime puisse être compris. » (3)
Supposons un instant que tout le raisonnement de Spencer soit irréprochable, pouvons-nous en conclure que nous ne connaissons aucune réalité en elle-même et que nos connaissances sont purement relatives ? Il y a longtemps qu'on à dit que nous ne connaissons le tout de rien ; et c'est à proprement parler la conclusion à laquelle mènent les considérations que nous avons résumées. Mais de là à la thèse que Spencer s’est chargé de démontrer, il y à très loin et nous ne voyons pas même très clai-
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rement le lien qui rattache l’une à l’autre cette proposition : Nos connaissances ne représent aucune réalité — et -cette autre : Toute explication nous met en face d’une dernière raison que nous ne pouvons plus expliquer.
On ne peut s'empêcher de trouver étrange qu'après avoir consacré quatre pages à exposer une chose parfaitement claire (quoique peut-être pas rigoureusement exacte} à savoir qu'une explication consiste à ramener un fait particulier à une loi générale, Spencer ne consacre pas même une ligne à déduire le quod erat demonstrandum.
Il eut été également opportun de distinger deux cas qui se présentent lorsqu'on pousse les explications.
Dans le premier on se trouve en dernière analyse devant un fait particulier ou général qui demanderait une explication qu’on ne sait pas donner parce qu'on l'ignore.
Dans le second on arrive en fin de compte à une proposition dont la nécessité se manifeste à l’esprit de telle sorte qu'il n’y à plus rien à expliquer. Choisissons des exemples parmi ceux que Spencer lui-même développe.
Qu'un muscle se contracte sous linfluence des nerfs c’est un fait dont personne jusqu'ici n’a donné d'explication. Spencer le rapproche du raccourcissement d’une pile d’électro-aimants sous l’action du courant. Mais cette explication n’en est pas une et nous n'avons ici qu'à confesser notre ignorance. (1) La connaissance que nous avons d'un muscle ne nous permet pas de comprendre qu'il peut ou qu'il doit se contracter.
Il en va tout autrement lorsqu'il s’agit d'expliquer que le jeu des côtes augmente le volume de la cage thoracique. Les côtes forment des angles aigus avec l’épine dorsale ; lorsqu'elles se relèvent elles sont portées en avant de sorte que le diamètre antero-postérieur de la poitrine augmente, les autres restant sensiblement constants. Le phénomène étant ainsi rataché à une loi géométrique dont la nécessité est évidente à l'esprit, l'explication est
(1) Spencer le reconnait lui-même, cf, Principes de Biologie. Trad. CAZELLES. Paris 1880, vol 1, p: 66 $ 24.
Enini à de dé