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terminée et il n’y a plus rien à expliquer. Il en est de même chaque fois qu’un principe mathématique, ou plus généralement, un principe analytique quelconque donne l'explication cherchée. Je m'étonne peut-être de ce que je puis diviser exactement par trois un nombre chaque fois que la somme de ses chiffres permet cette division. Mais dès qu’on m’a montré que ce fait est la conséquence nécessaire des vérités mathématiques les plus élémentaires et les plus évidentes mon esprit est satisfait. Il est faux de dire qu’au bout de cette explication je me trouve devant l’inexplicable.
Il n’est pas inexplicable que deux et trois font cinq. Je vois au contraire que cela est absolument nécessaire et que toute explication pour me le faire comprendre serait superflue. Si je fais voir qu'une proposition peut être ramenée à cette vérité générale : deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles, prétendra-t-on que si ce principe n’est pas lui-même ramené à un principe plus général encore, on se trouve devant l’inexplicable ? Et si l'on ne peut pas dire cela sérieusement, que reste-t-il de l'argument de Spencer ?
Il y a encore une autre distinction à faire si lon admet l'existence des causes libres. Une série de causes subordonnées qui s'expliquent l’une par l’autre peut avoir son point de départ dans un acte librement posé. Or, un acte de cette sorte a une raison suflisante, mais n’a point de raison nécessaire. On a donc, dans cé cas, à expliquer comment l'effet a pu être produit, c'est-à-dire, pourquoi l’acte à pu être posé, mais non pas qu'il à dù être posée nécessairement.
Une série d'évènements peut avoir son point de départ dans le fait que j'ai fait l’amône à un pauvre. L'explication de cet acte est satisfaisante dès que j'indique les raisons qui ont pu m’émouvoir à céder à la prière de ce malheureux, et on ne doit pas attendre que je rattache ma conduite à une loi dont elle serait la conséquence nécessaire. Nous pouvons conclure encore une fois, après ces remarques, que l’analyse de Spencer est en défaut,
inconcevabilité de l’Absolu.
Passons à la seconde partie de la démonstration.
« Sir W. Hamillon, dit Spencer, a donné à la démonstration du caractère nécessairement relatif de notre connaissance comme conséquence de la nature de notre intelligence, la forme la plus rigoureuse qu’elle aît jamais reçue.» (1) Et après lavoir rapportée Spencer ajoute : « Bien que cette démonstration paraisse claire et décisive quand on l’étudie avec soin, elle est exprimée .en termes si abstraits que la plupart des lecteurs auront peine à la comprendre. M. Mansel en a donné, dans ‘son livre intitulé Limits of Religious Thought une démonstration plus familière... » (2) Suit la démonstration de M. Mansel.
Nous n'avons pas besoin de nous y arrêter longtemps pas plus qu’à celle de W. Hamilton. Ces deux auteurs cherchent à prouver d’abord que nous ne pouvons pas connaître l’/nfini. Or cela n’est pas en question ici. Ensuite ils démontrent notre impuissance à connaître l’Absolu parce que toute connaissance consiste dans une relation entre le sujet et l’objet de la connaissance. « Un second caractère de la conscience, dit Mansel, c’est qu'elle n'est possible que sous forme de relation. Il faut un sujet ou une personne consciente et un objet ou une chose dont le sujet soit conscient, Il ne peut y avoir de connaissance sans l'union de ces deux facteurs De même il est évident que la perception de l'absolu implique contradiction. Pour que nous ayons conscience de l'absolu en
tant qu'absolu, il faut que nous connaissions qu'un objet
donné en relation dans notre conscience est identique avec un objet qui, dans sa propre nature, existe sans relation avec la concience ... La conception de l’absolu implique dans le même temps la présence et l'absence de la relation qui constitue la pensée. » (3) Ge raisonnement suppose qu'on définit l'absolu: ce qui n’a aucune relation quelle qu'elle soit, Et cela posé, il est irréprochable.
(1) P, P, p. 78 $ 2% — EF. P. p. M.
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