‹ La théorie de l'évolutionChapitre 3 sur 85 · LT QUE · texte numérisé non relu

LT QUE

et expliquer les principes généraux, ensuite montrer leurs applications dans les différentes catégories de phénomènes.

On distinguera ainsi une philosophie générale et une philosophie spéciale. C’est la première qui est l’objet du traité que nous examinons.

L'esprit philosophique n’a jamais fait défaut parmi les peuples civilisés. Des synthèses générales ont été édifiées aux différentes époques ; elles correspondent à une tendance bien accentuée de notre esprit. Souvent elles ne sont pas définitives. Les raisonnements qui les établissent peuvent ne pas être péremptoires ; les faits que l’on invoque pour les appuyer peuvent avoir été mal observés; ou bien même la synthèse n’a été proposée qu’à titre d’hypothèse provisoire.

Une logique plus rigoureuse, une meilleure connaissance des phénomènes, la découverte de faits nouveaux peuvent amener le renversement de la construction synthétique ou nécessiter des retouches plus ou moins considérables. De même que lhistoire des peuples s’incarne souvent dans des monuments en ruines, ainsi en est-il de l'histoire des idées. L'homme ne se laisse pas décourager par l’insuccès de ses devanciers et il a raison. Même s'il ne réussit pas à bâtir un système qui demeure, au moins l'expérience qu’il a tentée sera utile à d’autres et il est presque impossible qu'il ne reste rien du fruit de son travail. Ou bien ce sont des parties de l'édifice qu'on pourra conserver, ou bien l’accumulation de matériaux précieux et abondants facilitera la tâche des travailleurs suivants, ou bien les fondements quoique insuflisants contiennent quelque pierre angulaire sur laquelle on pourra bâtir dans la suite en toute confiance.

Spencer divise son ouvrage en deux parties. La première a pour titre L'Inconnaissable, la seconde Le Connaissable. Celle-ci a pour objet principal la théorie générale de l'Evolution.

Page 1