‹ La théorie de l'évolutionChapitre 4 sur 85 · SAGE · texte numérisé non relu

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Quoiqu’elles se complètent l’une l'autre, il n’y à cependant pas entre elles un lien de dépendance tel que la seconde ait pour fondement la première. Beaucoup de lecteurs des Premiers Principes S'Y sont trompés, comme le remarque Spencer lui-même dans le Post-scriptum qu'il a ajouté à la Première Partie dans lédition de 1900. En ayant pris Connaissance et jugeant inadmissibles les idées qui y sont développées, ils ont cru inutile de pousser plus avant. En réalité la Seconde Partie est dans une large mesure indépendante de la Première.

Nous sommes parmi les lecteurs qui désapprouvent celle-ci et l'étude que nous y consacrerons ne sera guère qu’une réfutation, notre désaccord avec Spencer étant radical. Nous croyons au contraire que Fidée maitresse de la Seconde Partie est Juste, de sorte que, à notre tour, nous prions les lecteurs qui tiennent pour vraie la philosophie de l’Inconnaissable — nullement propre à Spencer — et que nos arguments n'auraient point ébranlés, de bien vouloir néanmoins nous suivre dans la seconde partie de ce travail. :

Les Premiers Principes (First Principles) parurent pour la première fois en 1862. Cinq années plus tard Spencer en fit paraître une seconde édition dans laquelle la seconde partie, Le Connaissable, était complètement transformée. La principale raison des changements est donnée dans une note au $ 119 (1) dont nous aurons l’occasion de parler, Spencer y explique que l’idée maîtresse de son œuvre, le concept d'évolution, ayait subi dans son esprit une modification assez importante.

En 1875 Spencer apporta d'assez notables modifications aux chapitres IV, V et VI de la Seconde Partie. Enfin dans l'édition de 1900 l'ouvrage subit encore quelques changements d'importance moindre.

Il a paru deux traductions françaises : l’une faite sur la 2 édition (Les Premiers Principes par Herbert Spencer, traduit de l'Anglais par M. E. Caxelles, Paris 1871), l'autre sur la Om édition (Les Premiers Principes par Herbert

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Spencer, traduit sur la sixième édition anglaise par M. Guymiot. Paris 1902). Nous citons la première qui est la plus répandue (P. P.) et nous y renvoyons ainsi qu’à l’édition anglaise de 1904 (F. P.). Nous avons évidemment tenu compte des modifications que Spencer a apportées à son texte. Spencer a étudié dans les parties spéciales de sa Philosophie Synthétique, l'évolution des formes vivantes (Principes de Biologie), de l’activité psychique (Principes de Psychologie), de l’organisation sociale (Principes de Sociologie), de la conduite et des idées morales (Principes de Morale). Nous avons utilisé ce qui, dans ces études, nous semblait pouvoir contribuer à l'intelligence des principes généraux de l’évolution développés dans les Premiers Principes. Nous ne nous sommes donc occupés des causes particulières à chaque genre d'évolution ou de l'interprétation des phénomènes spéciaux, que pour expliquer ou délimiter l'application des théories générales. C’est dans ce but et aussi à cause de l’importance spéciale du sujet, que nous avons consacré un paragraphe aux causes particulières de l’évolution organique. Nous lavons fait avec d'autant moins scrupule que nous avons ainsi été amené à parler de la sélection naturelle comme cause générale des phénomènes évolutifs.

. Parmi les travaux qui ont été publiés sur la Philosophie Synthétique ou sur.les Premiers Principes, les uns s’attachent à développer des appréciations d'ensemble ; les autres se bornent à étudier l’un ou l'autre point particuliers. En général, leur étendue n’est pas en rapport avec l’importance de l’œuvre Spencérienne. Exception doit ètre faite pour Ch. Renouvier qui a publié dans la Critique Philosophique (1885-86) des études suivies sur les Premiers Principes. Nous avons été heureux de nous trouver d’accord avec l'illustre philosophe français dans un grand nombre de critiques qu’il adresse à Spencer. Mais nous pensons qu’il a trop sévèrement jugé sa philosophie dans sa partie principale et constructive (la théorie de l’évolution) et qu'elle ne mérite pas la condamnation qu’il prononce. Quant à la théorie de l'Inconnaissable, si très souvent

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nous sommes d'accord avec les appréciations de Renouvier, notre point de vue diffère cependant notablement du sien. Le philosophe français soutient la thèse de la relativité de nos connaissances qui est une des bases, et même la principale, de la doctrine de l’Inconnaissable, et que nous n’admettons pas dans le sens dans lequel le criticisme la défend.

Il y a donc place pour une étude des premiers principes de la philosophie spencérienne, dans laquelle ils soient examinés tels que Spencer les a présentés, c’est-à-dire dans leur agencement logique, avec les fondements sur lesquels ils s'appuient et la portée qu'il leur a donnée. C’est le travail que nous avons tâché de faire.

La Philosophie

de l’Inconnaissable

a thèse.

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