‹ La théorie de l'évolutionChapitre 38 sur 85 · EN · texte numérisé non relu

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Les êtres dont nous avons l'expérience sont des êtres matériels ; leur évolution implique des mouvements determinés par des forces ; elle s’accomplit dans lespace et dans le temps. Spencer consacre donc un chapitre à fixer la signitication qu'il faut attacher aux mots : espace, temps, matière, mouvement, force. On se

rappelle que notre auteur à prétendu, dans la Première Partie, montrer l’inconcevabilité des objets qu'ils désignent. « J'ai montré, dit-il, que nous ne connaissons rien de ces formes considérées en elles-mêmes. Cependant comme nous sommes obligés de continuer à employer les mots qui leur servent de signes, il est néanmoins nécessaire de dire le sens que nous leur donnons. » (1) Le sens d’un mot, c’est précisément la chose dont ce mot est le signe. Si nous ne connaissons rien au sujet de cette chose, comment expliquerons-nous le sens du mot ? Nous touchons encore une fois du doigt la. contradiction qui se trouve au fond de la théorie de l’Inconnaissable.

Spencer emploie encore inutilement quelques pages à la mettre d'accord avec le bon sens. Elle n’empêche pas, prétend-il, de dire que les objets de nos connaissances sont réels. « Que veut dire le mot réel? Par réalité nous entendons persistance dans la conscience : une persistance, ou bien inconditionnelle comme l'intuition de l’espace, ou bien conditionnelle comme l'intuition d'un corps que nous tenons à la main. Ce qui distingue le ciel tel que nous le concevons, c’est le caractère de la persistance ; c’est par ce caractère que nous le séparons de ce que nous appelons non-réel. Nous distinguons une personne placée devant nous de l’idée de cette personne, parce que nous pouvons écarter l’idée de la conscience, tandis que nous ne pouvons pas en écarter la personne quand nous la regardons. » (2)

H faudra d’après cela juger non-réelle la personne dont nous n'avons qu’ « une idée », un souvenir que nous pouvons écarter de la conscience ; une chose ne sera réelle qu'autänt qu’elle persiste dans la conscience, elle. cessera d'être réelle dès qu'elle n’y persiste plus ! Nous ne contesterons pas que ce ne soient la des conséquences légitimes du phénoménalisme, mais ce n’en sont pas moins des propositions absurdes.

ur … us ä hpele

Spencer nous le savons repousse la théorie kantienne qui fait de l’espace et du temps des formes subjectives de la sensibilité.

Nous avons déjà cité le passage où il définit le temps comme la conception abstraite de toutes les séquences, et l'espace comme la conception abstraite de toutes les coexistences. Pourvu qu'on comprenne que, dans cette dernière définition, il s’agit des coexistences d'êtres étendus, on peut admettre ces notions.

Spencer pense que notre perception de l'étendue est dépendante du sens musculaire. C’est par l'expérience de tensions musculaires adaptées à la résistance qu'offrent les contours de l’objet et d’autres mouvements adaptés à l'étendue que naît en nous cette perception. Ainsi l'intuition de l’espace aurait son origine dans des expériences de

force (il vaudrait mieux dire d'effort).

Cela ne doit pas être admis sans restriction. Il ne faut point confondre le sens musculaire avec le toucher. Si je

repose la main sur un objet sans faire aucun effort

musculaire, je perçois la surface étendue de cet objet par le seul toucher.

La vue aussi perçoit les objets étendus, du moins en longueur et en largeur Spencer (1) prétend à la vérité que la vue ne perçoit l'étendue qu’en connexion avec des expériences de mouvement; mais il confond à notre avis, l'appréciation des distances et des dimensions qui dépend probablement de ces expériences, avec la perception de l'étendue. L'image visuelle, comme l'impression de

contact, est étendue indépendamment de toute association.

D'autre part, il faut réconnaître que l'expérience des mouvements exécutés par le sujet sentant semble nécessaire pour acquérir la connaissance d’une étendue à trois dimensions qui est, en somme, l’espace véritable. N'importe quels mouvements conscients de nos membres sont capables de nous donner cette perception. Il n’est

(1) Principes de psychologie. Trad. RiBOT et EspiNas. Paris 1875 vol. 11 p. 171 $ 326.

pas nécessaire pour expliquer sa genèse de recourir à des efforts qui rencontrant un obstacle extérieur nous renseignent sur l’étendue résistante des corps solides. La notion d'espace sera donc liée à l'expérience de Peffort nécessaire pour mouvoir nos membres, mais non pas nécessairement à l'expérience d’une force de résistance extérieure. Enfin, de cette connexion d’origine on ne peut pas déduire que la notion d'espace à pour objet un eftort ou une force. La représentation que nous en avons actuellement n’éveille plus en nous aucune image semblable, mais seulement des images visuelles ou tactiles. Puisque l'œil perçoit des objets situés en dehors les uns les autres, l’imagination pourra représenter des objets distincts dans des plans différents, une fois acquise la notion de profondeur, et c’est bien ainsi qu'actuellement nous voyons les objets.

Spencer suppose dans la suite que lidee de temps à de même son origine dans une expérience de force ; mais il ne dit rien ici pour appuyer cette manière de voir. La conception abstraite de toutes les séquences ou successions n’a qu'un rapport indirect avec l’idée d’une force qu’on peut concevoir comme la cause des changements impliqués dans ces séquences. Dans les Principes de Psychologie (1) Spencer insiste sur lunion étroite qui existe entre la perception de temps et celle d'espace.

Ces deux notions sont certainement très voisines, mais nous ne voyons cependant pas de raison d'admettre que la première dépend de la seconde. Tous les changements ne sont pas perçus par nous comme des mouvements. Si nous nous représentons d'ordinaire une suite d’évênements comme une série d'objets allignés dans l’espace, ce fait est dû sans doute à la prédominance dans l’imagination des images visuelles, mais on aurait tort d'en conclure que l'idée de temps dépend essentiellement de l'idée d'étendue, Cette question relève de la psychologie. Bergson, notamment, en a fait l'objet d’une analyse très

(A) Zhid, p, 212 sq. $ 386.

atière.

subtile, (1) Il nous suflit ici d’avoir rappelé, d'accord, en somme, avec Spencer, que l’espace n’est pas autre chose que l'étendue des corps conçue d’une manière abstraite, et que le temps dans son acception propre est la durée des changements continus qui s’y produisent.

« Nous concevons la matière, dit Spencer, comme des positions coexistantes qui opposent de la résistance ; c’est l’idée la plus simple que nous puissions nous en faire ; nous la distinguons ainsi de notre conception de l’espace dans laquelle les positions coëxistantes n'offrent aucune résistance. Nous concevons le corps comme borné par des surfaces qui résistent et comme composé entièrement de parties qui résistent. » (2) ‘

On attribue parfois à la matière l’impénétrabilité comme caractère essentiel et l’idée qu'on s’en fait est sans doute très voisine de ce que Spencer appelle ici la résistance. Nous préférons cette dernière dénomination parce qu’elle constate le fait sans impliquer aucune théorie métaphysique.

Des deux caractères essentiels de la matière, l'étendue et la résistance, lequel faut-il considérer comme primordial ? Spencer prétend que c’est la résistance, parce que, dit-il, «les expériences d’où nous tirons par abstraction notre conception de l’espace ne nous viennent que des impressions de résistance produites sur l'organisme. » (3) Nous venons de dire ce que nous pensons de cette aflirmation. Mais fût-il vrai que nous connaissons l'étendue secondairement, il ne s’ensuivrait pas encore que la résistance est réellement l'attribut primordial de la matière.

Si par résistance on entend l'impénétrabilité proprement

(A) Essai sur les données immédiates de la Conscience. Paris 1906 pp. 69 sq.

VU(2) PP. p. 475 $ 48. — F. P: p. 129.

dite, c’est-à-dire l'impossibilité de faire pénétrer un corps dans l’espace actuellement occupé par un autre, on peut soutenir que cette propriété n’est pas différente de l'étendue concrète. (1) Si, au contraire, l’on veut signifier la répulsion que les corps exercent les uns sur les autres et en vertu de laquelle ils se maintiennent toujours à distance réelle quoique souvent insensible, ce qui est probablement le fait, l'exercice de cette force suppose l’existence du corps auquel elle appartient et sa présence à tel endroit. Ainsi considérée la résistance serait done dans la réalité postérieure à l'étendue. |

Spencer se représente la matière comme composée «d'atomes étendus et résistants» et admet «un éther universel composé de molécules ». (2) C’est, on s’en souvient, la conception même que nous avons défendue contre les critiques de Spencer dans la première partie de ce travail. Il est vrai que là elle est présentée comme une réalité, tandis qu'ici elle est-«la manifestation d’un mode de l’Inconnaissable uni à la matière par la relation de cause à effet». (3) Mais comment les contradictions qu’on prétendait y découvrir disparaissent-elles par sa transposition de la réalité dans le phénomène? Spencer objectait que si les unités qui composent la matière sont étendues, elles seront incompressibles et qu'alors «la loi de continuité dont la négation est inconcevable sera violée dans tous les cas de collision ». (4) Est-ce-que cette difficulté n'existe plus pour la matière-phénomène? Les idées de la loi de continuité, de collision, de compressibilité n'ont-elles pas pour objet des phénomènes? Et, dès lors, le raisonnement tout entier ne s'applique-t-il pas au monde phénoménal? N'est-ce point une incohérence de réfuter au moyen de notions tirées de l'expérience une hypothèse qu'on déclare d'autre part être «le résultat nécessaire de notre expérience » ? (5)

(A) CL BERGSON op, cil p. 66-67,

(2) P, P, p. 177 $ 48 — F, P, pp. 181.

(3) Ibid,

(4) p. 54 $ 16 passage, supprimé dans l'édition de 1900. (5) P, P, p. 177 $ 48 — F, P, p. 181.

vement.

Admettons done avec Spencer l'hypothèse atomique tellé qu’elle est communément reçue aujourd'hui. Si elle a besoin d’être précisée et peut-être corrigée par le progrès scientifique, elle peut néanmoins être considérée comme acquise définitivement quand à ses données essentielles : des atomes pondérables, des forces, une matière impondérable occupant les interstices interatomiques et les espaces intérastraux. Admettons aussi que la matière ne se manifeste à nous que par des forces et notamment par la force de résistance, quoique ces forces ne soient pas toujours, ni même en général, perçues directement comme telles.

L'idée de mouvement implique l’idée d’étendue puisque le mouvement consiste à parcourir l'étendue, — de temps, puisqu'il constitue une succession de positions, — et de matière, puisqu'on ne peut concevoir le mouvement que d'un être situé dans l’espace et, par conséquent, étendu.

La perception des mouvements que nous exécutons est accompagnée d’une expérience d'effort musculaire, mais il n’en est pas de même pour les mouvements que nous percevons hors de nous et nous croyons que la notion de mouvement est indépendante de cette notion d'effort aussi bien que la notion d'espace et de temps.

La conscience que nous avons d'exécuter des mouvements peut certainement nous fournir, par abstraction, l’idée générale de force, mais cette idée peut se déduire de toute expérience de mouvements se produisant régulièrement dans certaines circonstances déterminées. Cela n’empêche pas d'admettre que la perception du mouvement est une «manifestation de force» puisque aussi bien le mouvement est lui même une force.

La force.

Spencer termine l'analyse sommaire de ces idées scientifiques fondamentales par l'examen de la notion de force. Nous avons déjà signalé dans la Première Partie la confusion qu'il fait entre cette notion et la conscience de l'efort. L’eflort détermine la mise en œuvre d’une force appartenant au sujet, et c'est comme phénomène subjectif qu'il est perçu par la conscience. S'il s’agit de l'effort musculaire, le seul dont Spencer fasse mention, il a exclusivement pour objet le mouvement des membres et il est évidemment impossible de l'identifier, par exemple, avec l'attraction qu’un corps exerce sur un autre. L’eftort que perçoit la conscience ne peut même pas se confondre avec la force que déploie le muscle et ne lui est pas proportionnel.

Le vulgaire s'accorde avec les savants pour concevoir la force dans son acception générale comme la cause (productrice ou modificatrice) du mouvement. Nous sommes capables nous-mêmes d'exécuter certains mouvements et nous avons conscience, sous forme d'effort plus ou moins intense, de l’activité déployée par notre faculté motrice. Mais nous ne nous figurons pas que dans les gaz qui font éclater une bombe, il se rencontre quelque chose de semblable.

Si la force est le « principe des principes » (1), ce n’est certainement pas l’eflort dont nous avons conscience. Dès lors nous ne voyons pas l'importance que Spencer attache à nous faire considérer les notions d'espace, de temps, de matière et de mouvement comme dirivées de la perception d'effort ou de mouvement musculaire. Si la matière nous est connue comme une manifestation de la force, cela doit s'entendre avant tout de la force de résistance, comme nous l'avons dit. Même si cette résistance était « mesurée par la tension musculaire » (2) ce qui est au moins inexact, il ne s’ensuivrait pas encore qu'il faut la confondre avec elle,

L'espace et le temps, comme le dit très bien Spencer, (2) ne sont que les conditions sous lesquelles se présentent la matière et le mouvement ; et puisque le mouvement aussi bien que la matière se manifestent à nous sous forme de force, nous sommes amenés à considérer l'Univers en tant qu'objet de notre expérience sensible, comme une manifestation, non point d'effort, mais de force ; quoique, bien entendu, la sensibilité ne la percoive pas sous cette formalité générale, mais bien sous les formes concrètes de couleur, son, résistance, chaleur, etc. dont plusieurs ne sont connues comme forces que grâce au raisonnement.

De même que la matière désigne l’ensemble de tous les corps, de même on peut appeler la force l’ensemble de toutes les forces de l'Univers. Il ne faudrait pas conclure de cette manière de parler qu'il n’y a qu’une espèce de corps ou qu'une espèce de forces. On a parfois émis l’idée que toutes les forces de l'Univers ne sont que du mouvement. Mais cette conception ne résiste pas à l'examen et elle est aujourd'hui, ecroyons-nous, complètement abandonnée. Il y a donc d’autres forces que le mouvement. Nous pouvons en nommer plusieurs : l'attraction universelle, l’élasticité de l’éther et ainsi de suite, mais sans être certain que ce sont des forces élémentaires. Elles ne sont peut-être que des résultantes de forces plus complexes ou des cas particuliers de forces plus générales. En ce sens il est vrai de dire que nous ignorons la nature intime des forces. En outre, la relation de cause qu'elles contiennent, quoique de notion fort simple et imposée par l'expérience et par l'analyse, n’en reste pas moins enveloppée d’obscurité.

Dans les formules de mécanique, la force ne figure

qu'en tant qu'elle est représentée par son effet qui lui

sert de mesure et qui est la quantité de mouvement : f— mg, le temps étant 1. On peut ainsi faire abstraction de la notion de cause. Mais en philosophie il n’en est pas de

mème : le principe de causalité ne permet pas d'admettre des mouvements sans causes et à moins de professer l’occasionalisme, il faut admettre que les causes des mouvements se trouvent dans les corps. Telle est la notion de force. |

Nous pouvons distinguer dans la nature trois catégories de forces : 1° les forces inécaniques stricto sensu dont l’action consiste à imprimer aux masses corporelles un mouvement suivant une ligne déterminée par le siège de la force et son point d'application. Le mouvement produit par une telle force se combine évidemment avec les mouvements déterminés par d’autres forces, mais il est en lui-même absolument déterminé. Il est probable que toutes les forces de la nature inorganique (physicochimiques) appartiennent à cette catégorie.

2° Les forces organiques ou plastiques dont l’action : consiste à produire une certaine forme ou organisation ou à exercer certaines fonctions en vue de la forme. Pour réaliser leur effet propre, elles doivent imprimer aux masses matérielles des mouvements différents suivant les circonstances dans lesquelles elles agissent.

3° Les forces psychiques ou intentionnelles dont l’action est guidée par la connaissance : perceptions sensibles ou connaissances rationnelles ; dans ce dernier cas nous tenons qu'elles jouissent de la liberté.

Cette division laisse ouverte la question de la nature intime de ces forces, ainsi que la question de leur diflérence essentielle. Le mécanisme consiste à admettre que tous les phénomènes matériels qui s’accomplissent dans les corps vivants ou non vivants peuvent s’expliquer par les forces de la première catégorie et se réduisent donc, en dernière analyse, aux phénomènes physico-chimiques, Les forces organiques ne sont autre chose, d'après cette philosophie, que des combinaisons complexes de forces mécaniques. Quant aux phénomènes psychiques ils ne seraient que l'envers, c’est-à-dire le côté subjectif des phénomènes mécaniques eux-mêmes,

Ce mécanisme est adopté par Spencer. Nous aurons dans la suite l'occasion de l’apprécier.

S'il est vrai que l'Univers se présente à nous comme une manifestation de force, il n’est cependant pas possible de le considérer comme constitué par la force seule. L'expérience nous apprend que le mouvement, comme force, comprend deux éléments: la masse et la vitesse. Celle-ci n’est qu'une modalité du mouvement et en est inséparable, mais la première en est séparable, et, isolée, elle ne constitue pas une force. La masse peut être et est en effet le siège de certaines forces et l’objet sur lequel elles s’exercent, mais elle ne leur est point identique, On définit parfois la masse comme la quantité d'inertie. Gette définition ne nous plait pas parce que l'inertie est une propriété négative qui n’admet pas de degré. Nous préférons considérer la masse comme un élément irréductible et caractéristique des corps qui se manifeste à nous par le fait qu'il faut une force plus ou moins grande pour leur communiquer une certaine vitesse, et qui, dès lors, est représentée par le rapport de la force à l'accélération.

En outre nons avons vu que l'étendue, tout en se manifestant par la force de résistance, ne doit pas être confondue avec elle, et d'autre part nous ne savons pas quelles sont les relations de l'étendue réelle avec la masse, ni même si ces relations existent. Les notions de lune et de l’autre sont en tous cas différentes. De sorte que dans l'Univers matériel, nous rencontrons quatre éléments distincts: l'étendue, la masse, le mouvement et des forces qui ne sont pas du mouvement.

Tous les phénomènes matériels comportent des déplacements de masses corporelles et, en tant qu'objets de l'expérience externe, ils se réduisent à cela. On peut donc à cet égard les décrire en termes de matière et de mouvement. Cette manière de les envisager ne préjuge en rien la question de savoir quelle est leur nature intime ou la nature des forces par lesquelles ils sont produits. A plus forte raison ne préjuge-t-elle pas la question de savoir s'il n'y à pas d’autres phénomènes que les phéno-

mènes matériels, inaccessibles ceux-là à l'observation externe, du moins eneux-mêmes, mais manifestés dans la conscience. Cependant cette activité immatérielle, qui est exercée d'après nous par la raison et par la volonté de l’homme, n'appartient à la présente étude que par les. relations qu’elle a avec les phénomènes matériels ou phénomènes de mouvement. L'’étendue, la masse, le mouvement, des forces qui peuvent être mécaniques, organiques ou plastiques : tels sont donc les éléments de l'évolution.

Quoique le mouvement soit une force en tant que les mouvements des corps se moditient réciproquement, cependant toutes les forces ne sont pas des mouvements : la raison d’être de certains mouvements ne se trouve pas uniquement dans d’autres mouvements. Il y a donc des causes de mouvement qui ne sont pas du mouvement et qui constituent la catégorie des forces. Nous avons fait remarquer aussi que la masse ne peut se confondre ni avec la force ni avec l'étendue, de sorte que les quatre éléments signalés ici doivent être considérés comme irréductibles.

Cela ne veut point dire qu’ils n’ont entre eux aucune relation, bien au contraire. D'abord ils sont toujours réunis : il n’y a pas dans l'Univers de corps immobiles, tous ont un volume, une masse et sont le siège de forces.

Les corps occupent l’espace par leur étendue qui est donc la condition essentielle du mouvement. Celui” est l'effet de la force, tandis que la masse s'exprime par une relation entre la force et le mouvement. Quoique le volume apparent soit variable, on admet généralement que le volume réel d'un corps est constant tout comme Sa masse. Les forces, au contraire, et les mouvements varient sans cesse,

destructilité de la aatière me prin- > à priori.

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