‹ La théorie de l'évolutionChapitre 47 sur 85 · CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

CHAPITRE UI

$ Récapitulation. — Evolution, dissolution et loi d'évolution

j d’après Spencer. — La redistribution principale : l'intégration. — La perte du mouvement. — Confirmation inductive de la loi d'intégration. — Les forces qui agissent dans l'intégration. — L'évolution composée. Les conditions. — La différenciation. — Confirmation inductive de la loi de différenciation. — La définition et la coordination des parties. — La redistribution du mouvement. — Les forces qui agissent dans les redistributions secondaires. — La loi d'évolution amendée.

icapitu- La métaphysique de Spencer est nécessairement inlation complète. Par sa théorie de l’Inconnaissable qui repose sur la thèse kantienne de la relativité de nos connaissances, Spencer s’est interdit toute recherche sur la Cause Première et sur la réalité des êtres que nous percevons comme corps (par la sensibilité) ou comme esprit (par la conscience réflexive). Il affirme cependant l'identité de la réalité qui correspond à ce qui est perçu objectivement comme corps et de la réalité qui correspond à ce qui est perçu subjectivement comme esprit. Et cela est à la fois une thèse métaphysique que nous avons

jugée fausse et une inconséquence, car on ne peut affirmer l'identité de choses inconnaissables.

Spencer confond aussi la réalité qui se manifeste sous forme de corps et d'esprit avec la Cause Première ; et c’est là encore une fois une thèse métaphysique condamnable et une inconséquence du même genre.

La doctrine que nous avons exposée dans ces derniers chapitres et que nous allons récapituler avec les corrections que nous y avons apportées ne concerne donc que le monde corporel, comme il se manifeste à l’expérience. Pour autant qu’elle est une philosophie, et nous sommes d'avis qu'on ne peut pas lui refuser Cette dénomination, elle est une philosophie des corps et plus particulièrement du mouvement. Cependant les propositions qu’elle énonce ont rapport à la vie et à l'intelligence — prise dans son acception la plus large — mais seulement en tant que l’activité de celles-ci est liée à la matière et au mouvement,

Voici la doctrine que nous avons adoptée : L'Univers corporel comprend quatre éléments irréductibles : l'étendue, la masse, le mouvement, les forces.

Le premier principe général est la conservation de la matière quant à la masse; c’est ce que Spencer appelle l'indestructibilité de la matière.

Le second, qui est lindestructibilité du mouvement, comprend le principe de l’inertie. Au surplus, pour être universel, il doit s'entendre d’une persistance du mouvemént qui peut n'être que virtuelle.

Le troisième principe, qui est appelé par Spencer la persistance de la force, doit s’interpréter comme signitiant la conservation de l’énergie. Ce principe est certainement applicable aux phénomènes inorganiques, mais sa vérification exacte dans les phénomènes vitaux est douteuse.

La même restriction doit s'appliquer au principe de la transformation équivalente des forces, ou mieux, de l'énergie.

La persistance de la force, en y comprenant sa conséquence qui est la persistance des relations entre les forces, implique encore un principe général qui est la constance des lois de la nature,

hu

volution, solution et d'évolution d'après Spencer.

Le principe de la direction du mouvement a une signification tout à fait générale quand il affirme que le mouvement se fait suivant la résultante de toutes les forces. Il a une signification moins universelle, mais donnant lieu à des applications nombreuses et intéressantes, lorqu’il énonce que le mouvement se fait suivant la ligne de moindre résistance ou de plus forte traction.

Enfin le principe d’après lequel tout mouvement est rythmique ou se transforme en mouvement rythmique semble se vérifier, de la manière dont nous l'avons expliqué, dans tous les phénomènes matériels. Tel est le chemin parcouru jusqu’à présent : tels sont les résultats obtenus.

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