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fortements organisées, surtout lorsque les circonstances auront déterminé un relâchement des liens sociaux.
L'évolution composée, surtout si on restreint cette denomination, comme le fait dorénavant Spencer, à celle qui comprend des redistributions secondaires: ayant une certaine permanence, n’est pas un phénomène absolument universel, puisqu'il y a des êtres où elle n’est pas réalisée. Néanmoins ce procès présente un caractère de grande généralité et de grande importance : c’est précisément par les changements dont elles offrent le spectacle que les existences matérielles sont l’objet de nos études. Or, si l’on ne peut pas aflirmer que tous ces changements sont évolutifs en ce sens qu'ils impliquent un changement de strueture grand ou petit, néanmoins le plus grand nombre est dans ce cas. :
Ceia n'empêche pas qu'on ne les étudie à d’autres points de vue. Il est évident, par exemple, que si toute activité déployée par un être vivant laisse certaines traces plus ou moins permanentes dans l'organisme et modifie, par conséquent, plus ou moins sa structure, cependant, cette activité peut être également considérée comme une adaptation momentanée à des circonstances intérieures ou extérieures, ou d’une autre manière quelconque. Néanmoins le point de vue évolutif est important et c’est celui que nous envisageons ici.
Losque, les parties intégrantes ayant conservé une certaine mobilité relative, des redistributions secondaires ont lieu, celles-ci seront en général différentes dans les différentes régions de la masse totale ; le résultat sera une différenciation croissante. Telle est donc la forme sous laquelle se présentera l’évolution composée : en même temps que se réalise l'intégration, il se produit une différenciation des parties. Celle-ci est regardée avec raison par Spencer comme secondaire, quoique son importance et l'intérêt qu’elle présente masquent souvent celle-là.
nfirmation ductive de
loi de difrenciation.
Il faut que l'être matériel se constitue et qu'il continue à assurer et à développer son existence par le procès d’intégration, avant qu'on puisse le concevoir comme soumis à des redistributions secondaires qui produisent la différenciation.
Si nous considérons l’évolution hypothétique du système solaire, nous voyons que le mouvement de concentration a été accompagné de la division de la masse totale. Plusieurs de ces centres secondaires de concentration qui constituent les planètes se sont scindés à leur tour et ont donné naissance à des satellites. Ainsi s’est produite la différenciation de la masse primitivement homogène, et cette différenciation va s’accentuant par les modifications que subissent les planètes et les satellites suivant les conditions intérieures et extérieures où elles se trouvent.
Ces modifications ne nous sont guère connues qu'en ce qui concerne notre globe et leur étude nous met en face d’une seconde application de la loi générale. En même temps que lintégration de la Terre se poursuit depuis le moment où elle était toute entière gazeuse, ses différentes parties gazeuse, liquide et solide ont acquis une existence propre. Si nous considérons l'écorce terrestre, nous constatons. de même une tendance à la différenciation progressive de ses parties constituantes. La variété croissante des couches sédimentaires à mesure qu'elles sont plus récentes, la délimitation à la fois plus nette et plus complexe des continents et des mers, les contrastes de plus en plus marqués entre les climats et les saisons dont l'histoire géologique témoigne, constituent autant de vérifications de la loi d'évolution composée.
C'est surtout dans les êtres vivants qu'il est intéressant d'en poursuivre l'application. Spencer n'a aucune peine à la mettre en lumière dans l’évolution des individus organisés, soit végélaux soit animaux. L'expérience directe nous renseigne à ce sujet sans le secours d'aucune
PI en,
théorie, Quoiqu'on ait exagéré et que Spencer -lui-même exagère l'homogénéité de la cellule unique qui sert de point de départ à l’évolution de tout être vivant, néanmoins elle n'offre évidemment aucune ‘trace de la structure compliquée et de lhétèrogénéité qui caractérise lindividu adulte, surtout dans les formes vivantes les plus élevées. Or, cette structure se déploie petit à petit pendant la période embryonnaire et même dans la suite. Les cellules se multiplient et en même temps elles présentent des différences de position, de forme, de composition chimique. Les tissus de la plante ou de l’animal se différencient progressivement. Leur structure se complique de plus en plus. Les organes dans lesquels les différents tissus s’enchevétrent, s’intègrent progressivement et prennent leur forme caractéristique, de sorte que l'organisme total devient bientôt d’une complexité extrême. La vérification de la loi de différenciation progressive est ici évidente. Spencer se demande si la paléontologie permet de la reconnaître pour l’évolution de la vie en général, Dans le texte il exprime l’avis que, en ne tenant compte que de l'expérience, «les arguments pour et contre sont aussi peu concluants les uns que les autres. » (1) Cette appréciation était peut-être juste il y a quelques années mais aujourd'hui, sans nul doute; on peut trouver des confirmations intéressantes de la loi dans la succession
des êtres vivants. Spencer lui-même fait remarquer dans
une note ajoutée à lédition de 1900 que les progrès de la paléontologie en ont fourni de décisives. Nous pouvons les ranger en deux catégories. On peut faire voir une diflérenc:ation progressive ou bien dans les formes qu'a réalisées successivement un organe particulier ou un type organique complet, — ou bien dans l'ensemble des individus compris, aux différentes époques, dans un groupe plus ou moins étendu.
Considérons, par exemple, la denture, Les premiers animaux, poissons ou reptiles, qui possèdent des dents,
>= (HD P. P. p. 362 $ 120 — F. P. p. 271.